"Ce serait une très mauvaise nouvelle", "Ne plus commettre cette erreur" : les experts analysent les derniers chiffres de l'épidémie

Si l'on observe un ralentissement au niveau des chiffres du coronavirus, il ne faut toutefois pas trop vite se réjouir comme l'expliquent plusieurs experts.

"Ce serait une très mauvaise nouvelle", "Ne plus commettre cette erreur" : les experts analysent les derniers chiffres de l'épidémie
©BELGA
La Rédaction

Geert Molenberghs, biostatisticien à l'UHasselt, s'est entretenu avec nos confrères de Het Laatste Nieuws afin d'évoquer les derniers chiffres de la pandémie de coronavirus. Si le chercheur note que le ralentissement de l'augmentation des chiffres est une bonne chose en soi, il indique cependant que les chiffres de la semaine dernière incluaient encore le congé du 11 novembre dans la semaine de référence. Cela donnerait donc une image déformée des chiffres.

Ce dernier indique également que notre capacité maximale de testing est atteinte pour l'instant, ce qui fait qu'il est difficle d'exposer beaucoup plus de cas positifs que nous ne le faisons actuellement. "Nous sommes toujours à un taux d'augmentation d'environ 12 %. Mais il vaudrait mieux que les taux d'infection diminuent jour après jour pour que nous assistions à un véritable déclin", a déclaré le biostatisticien à HLN Live. "Si nous restons bloqués à un plateau aussi élevé maintenant, ce serait une très mauvaise nouvelle".

"Nous enregistrons parfois 20.000 à 25.000 cas par jour mais il faut se dire qu'en réalité, il y en a au moins trois à cinq fois plus. Cette situation n'est donc pas tenable pour les soins de santé à long terme vu le plateau sur lequel nous nous trouvons aujourd'hui."

L'expert indique également que dans les soins intensifs, alors qu'une petite éclaircie avait été observée la semaine dernière, la situation se complique à nouveau. "C'est surtout dans les soins intensifs que nous constatons une augmentation. La semaine dernière, il y a eu un ralentissement jour après jour, mais maintenant les admissions sont reparties à la hausse. Nous ne resterons certainement pas en dessous de 800 lits, mais nous irons plutôt vers 900, voire 1 000 lits occupés. C'est pourquoi l'augmentation doit s'arrêter le plus vite possible et redescendre."

Van Gucht : "Ne plus commettre cette erreur"

Steven Van Gucht, membre du Gems, estime également pour sa part que le souci se trouve au niveau des admissions aux soins intensifs. Il souligne également le nombre de lits occupés qu'il faut pour pouvoir mettre le système des soins de santé dans une situation plus viable. "Dans les prochains jours, nous devons absolument passer sous la barre des 500 lits car il faut vraiment mettre fin à la surcharge des hôpitaux en général et réduire la pression sur les médecins généralistes. Ce n’est que grâce à cela que les soins non-Covid pourront revenir à la normale. Le nombre d’infections en soi n’est pas un problème, tant qu’elles sont bénignes et qu’elles n’entraînent pas de pression supplémentaire sur les généralistes. Mais si nous assouplissons cet hiver, nous ne devons pas tout assouplir d’un coup. Nous ne pouvons plus commettre cette erreur”.

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