"Je ne sais pas si le Gems rédigera encore des avis": Erika Vlieghe déplore les mesures "édulcorées" prises par le Codeco

La présidente du Gems estime que des mesures plus drastiques auraient dû être adoptées dans les écoles.

"Je ne sais pas si le Gems rédigera encore des avis": Erika Vlieghe déplore les mesures "édulcorées" prises par le Codeco
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E.L

Ce vendredi, le Comité de concertation s'est réuni pour la troisième fois en moins de vingt jours afin de resserrer la vis face au regain épidémique en Belgique. L'avant-veille, le Gems, le groupe d'experts chargé de conseiller le gouvernement dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, adressait ses recommandations aux autorités : arrêt de l'Horeca à 20h, fermeture des écoles durant dix jours ou encore retour de la bulle sociale figuraient notamment dans ce rapport.

Les décisions prises par le fédéral et les entités fédérées vendredi sont finalement bien moins sévères que les restrictions préconisées par le Gems. Pour Erika Vlieghe, présidente du groupe d'experts, ces mesures "édulcorées" sont difficiles à avaler. "S'il y a un nouveau Comité de concertation, je ne sais pas si nous rédigerons encore un avis", confie la virologue, amère, à nos confrères du Morgen.

Si la présidente du Gems reconnaît qu'il est plus facile de "donner des conseils scientifiques que de gouverner", elle accuse tout de même le coup : "Je ne dirai jamais que personne ne nous écoute, car ce n'est pas vrai. Les gens lisent nos rapports et essaient d'en faire quelque chose, mais transformer un avis scientifique en politique n'est probablement pas facile non plus. Mais cela n'enlève rien à la déception de voir qu'il n'est apparemment pas possible d'avoir une gestion cohérente et efficace des épidémies dans notre pays. C'est frustrant".

"Ça n'a vraiment aucun sens"

L'experte estime surtout que des mesures plus drastiques auraient dû être adoptées dans les écoles, en raison du nombre important des contaminations en milieu scolaire actuellement. "Depuis des semaines, nous essayons de faire comprendre qu'il faut agir là-bas. Je comprends que ce n'est pas facile. La fermeture d'une école a de nombreuses conséquences sociales. Mais à un moment donné, il faut se demander : qu'est-ce qu'on fait ? Essayons-nous toujours de gérer une épidémie ou non ? S'il faut fermer les écoles, il faut les fermer maintenant. Je peux comprendre qu'il soit beaucoup plus pratique de le faire dans quinze jours d'un point de vue social. Mais virologiquement, ça n'a vraiment aucun sens", insiste la présidente du Gems.

La virologue s'étonne par ailleurs des critiques à l'égard du port du masque imposé dès l'âge de 6 ans. "Je comprends que les masques ne sont pas agréables pour les enfants, mais il ne faut peut-être pas non plus dramatiser. Dans de nombreux pays où la pandémie est bien mieux maîtrisée qu'en Belgique, les enfants portent des masques en classe. Ce n'est pas un problème. C'est le cas en Italie, en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis. Alors pourquoi c'est la fin du monde ici ? Le débat est beaucoup trop axé sur l'émotionnel", déplore Erika Vlieghe.

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