Faute de places d'accueil, des mineurs sont à la rue au Petit-Château

Pour la première fois depuis 2015, Fedasil ne parvient pas à accueillir des enfants, pourtant considérés comme vulnérables.

Faute de places d'accueil, des mineurs sont à la rue au Petit-Château
©BELGA

Ce mercredi matin, neuf mineurs étrangers non-accompagnés (MENA) sont à la rue devant les grilles du Petit-Chateau à Bruxelles, le centre de Fedasil. C'est la première fois, depuis 2015, que l'institution ne parvient pas à assurer l'accueil des plus vulnérables.

La crise couve depuis de longues semaines dans le réseau. Chaque jours, plusieurs dizaines de candidats à l'asile passent la nuit dehors devant les portes du Petit-Chateau, faute d'avoir une place dans le réseau. "Ce matin, on a passé un pas dans l'indécence", explique Bernard De Vos,le délégué général aux droits de l'enfant, qui se rend régulièrement sur place pour rendre compte de la situation. Les autres jours, le centre ouvrait ses portes aux familles et aux enfants à 8h30. Mais ce mercredi, faute d'espace disponible, il est devenu impossible de faire entrer des personnes supplémentaires. "Tous les centres sont saturés. Au Petit-Chateau, nous n'accueillons normalement pas de mineurs. Il y a quelques mois, nous avions ouvert une quarantaine de place pour faire face à la pénurie. Aujourd'hui, ils sont nonante pour ces places-là. Il y a des matelas jusque dans les salles de télévision", décrit Hedwige de Biourge, responsable de la cellule MENA chez Fedasil.

"Je rappelle que les enfants sont protégés par des chartes internationales, ils ont des droits. Or ici, la Charte des droits de l'enfants est bafouée", ajoute Bernard De Vos. Les associations de terrain travaillent actuellement pour trouver des places à Bruxelles pour éviter que les mineurs ne passent la journée et la nuit dans la rue.