La montée en puissance d'Omicron inquiète les experts belges qui appellent à réagir: "Une mesure est citée comme étant efficace"

Faut-il resserrer la vis pour lutter contre la propagation du variant Omicron dans notre pays ? Voici ce que prônent les experts.

M.R.
La montée en puissance d'Omicron inquiète les experts belges qui appellent à réagir: "Une mesure est citée comme étant efficace"
©FLEMAL JEAN-LUC

Après avoir enregistré des chiffres à la hausse pendant plusieurs mois, la Belgique voit enfin les principaux indicateurs de la pandémie diminuer . Le pic de la quatrième vague a bel et bien été dépassé dans notre pays. De quoi, bien entendu, se réjouir à l'approche des fêtes de fin d'année. Mais ces bonnes nouvelles sont à prendre avec des pincettes, selon les experts. En effet, ces derniers soulignent le danger que représente le nouveau variant Omicron qui se propage rapidement sur notre territoire. "Aujourd'hui en Belgique, 3% des personnes qui sont infectées le sont par le variant Omicron", a précisé le virologue Emmanuel André (KULeuven) sur Twitter. "C'est dix fois plus qu'il y a huit jours et cela va augmenter très rapidement."

Pour le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt/UAntwerp), il s'agirait d'une question de semaines avant que la nouvelle souche ne devienne dominante dans notre pays. Alors que le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem avait estimé que cela se produirait "d'ici janvier ou février" , l'expert flamand n'a pas écarté la possibilité que l'on n'ait pas à attendre aussi longtemps. "Cela pourrait être plus rapide", a-t-il commenté auprès de nos confrères de HLN. Son collègue Tom Wenseleers a tiré les mêmes conclusions, ajoutant même que le variant Omicron pourrait être à l'origine de plus de 90% des infections d'ici fin décembre.


"Une mesure efficace"

Si les experts ne sont pas unanimes quant au moment où la nouvelle souche sera dominante dans notre pays, ils s'accordent tous quant à la façon dont il faut s'en prémunir. Ils ont ainsi plaidé pour qu'on accélère l'administration de la dose booster en Belgique. "Une campagne de rappel accélérée avec une couverture élevée parmi les groupes les plus à risque est citée comme une mesure efficace", a postulé Tom Wenseleers.

Interrogé par HLN , le virologue Marc Van Ranst a soutenu cette théorie, arguant que pour la mettre en oeuvre il faudrait raccourcir l'intervalle entre l'administration de la deuxième dose et de la troisième dose. "Avec le système actuel, il y a très peu de candidats entre Noël et le jour de l'An", a-t-il affirmé.

"S'il vous plait faites-vous vacciner (trois doses). N'attendez-plus", a à son tour appelé Emmanuel André.


Vers de nouvelles restrictions ?

Mais, outre cette accélération dans l'administration de la dose booster, d'autres mesures sont-elles envisagées par les scientifiques ? Comme l'a rappelé Geert Molenberghs, la propagation de la nouvelle souche est notamment liée aux mesures en place et aux contacts qu'on autorise. "Plus il y a de restrictions, moins l'Omicron se propagera rapidement", a-t-il détaillé, soulignant que "nous n'étions pas en confinement".

Cependant, les règles actuelles qui ont été durcies lors du précédent Comité de concertation "devraient aider à prévenir la propagation", selon le biostatisticien.

Même son de cloche du côté du virologue Marc Van Ranst et du porte-parole interfédéral Steven Van Gucht. Dans les colonnes de Het Nieuwsblad, les deux experts n'ont pas jugé nécessaire de resserrer une nouvelle fois la vis avant les fêtes de fin d'année. "Compte tenu des diminutions observées, les mesures actuelles devraient suffire", a conclu Marc Van Ranst.

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