Adopte-t-on la bonne stratégie face au Covid ? "Le problème c’est qu'on est vraiment dans une logique de yo-yo"

L’épidémiologiste Marius Gilbert (ULB), estime qu’il y a lieu de questionner notre stratégie face au coronavirus.

Adopte-t-on la bonne stratégie face au Covid ? "Le problème c’est qu'on est vraiment dans une logique de yo-yo"
©FLEMAL JEAN-LUC

Dans Déclic ce mardi soir, l'émission de la RTBF, l'épidémiologiste Marius Gilbert (ULB) était interrogé sur la stratégie adoptée par gouvernement belge pour faire face à la crise du coronavirus. "Je pense qu'on doit en tous cas découpler notre façon de penser… d'un côté on doit voir ce que l'on peut faire pour diminuer la transmission – et là-dessus on voit que le vaccin n'est pas très efficace donc il faut d'autres mesures et puis, à côté de cela, il y a la vaccination dont la fonction première est une fonction de protection".

Mais le scientifique se méfie de l'argument qui suggère de "demander aux personnes à risques de se protéger pour laisser vivre la société". "Le problème de cet argument, c'est qu'il suggère que toutes les personnes à risques sont en mesure de se protéger. Or aujourd'hui, cette protection, certaines personnes ne l'ont pas parce qu'elles la refusent mais aussi parfois parce qu'elles manquent d'informations… c'est vrai particulièrement dans les publics précarisés. Par ailleurs, certains ignorent tout simplement qu'ils sont à risque. Il y a toute une série de personnes qui font des formes graves sans pour autant rentrer dans les critères classiques de comorbidité. Les pays qui s'en sortent le mieux sont ceux qui parviennent quand même à maintenir un frein sur la transmission."

Marius Gilbert estime toutefois qu'il manque une stratégie de long terme dans la gestion de cette crise, chez nous. "Le problème c'est qu'aujourd'hui on est vraiment dans une logique de yo-yo, on n'a pas de continuité dans la stratégie, ni dans les messages qui sont envoyés, ce qui fait que tout le monde s'y perd… En gros on intervient le moins possible jusqu'à ce que les soins intensifs soient saturés. On va chaque fois au point limite et on tire sur le frein au moment où on a le nez sur la limite. Or, il faut désormais penser une stratégie de long terme, ce qui est important aussi en termes de continuité de communication."