Inondations: "Réfléchissons à un nouveau cadre de gestion de crise"

La commission d'enquête parlementaire sur les inondations a entamé ce vendredi sa dernière réunion de l'année avec les auditions des experts du bureau suisse Stucky et de l'Université de Liège, mandatés par le ministre wallon en charge des Infrastructures, Philippe Henry, pour analyser les inondations meurtrières du mois de juillet.

Inondations: "Réfléchissons à un nouveau cadre de gestion de crise"
©Michel Tonneau

Après un premier rapport basé sur leurs constats, ils ont récemment remis leur second document qui formule une trentaine de recommandations, souvent urgentes, sur lesquelles ils sont partiellement revenus ce vendredi.

"Cette crise nous impose de réfléchir à un nouveau cadre de planification et de gestion de crise pour organiser un apprentissage en réseau dans une temporalité longue et avec la population", a notamment plaidé Catherine Fallon, la responsable du centre de recherche SPIRAL à l'ULiege.

"On doit être capable d'améliorer la résilience de notre territoire, de le préparer aux crises, avant et après celles-ci", a-t-elle ajouté en pointant "le syndrôme de sous-investissement" des communes dans la planification d'urgence. Comme d'autres témoins, la spécialiste de l'ULiège a en effet déploré "le peu d'investissements en la matière".

"Renforcer la culture du risque exige de mettre en place des outils opérationnels. Il y a une vraie évaluation à faire de la part de la Région qui ne peut pas se taire quand il y a des inondations sur son territoire", a-t-elle poursuivi.

Quant au Centre de crise régional, dont la responsabilité a été pointée à plusieurs reprises depuis le mois de septembre, "il ne faut pas charger le baudet". "Il ne faut pas penser que ce centre doit tout faire mais il faut le revoir pour qu'il puisse gérer des inondations quand elles surviennent", a expliqué Catherine Fallon.

Cette dernière a également insisté sur la nécessaire communication en cas de crise alors que de nombreuses auditions ont permis d'identifier les manquements sur le sujet. "Communiquer, ce n'est pas seulement transmettre un message; c'est mettre en avant un processus de communication où l'on reçoit le message; on l'enrichit puis on le retransmet. Et là-dessus, on n'est nulle part", a-t-elle regretté.

Une situation que d'aucun ont justifié, au fil des réunions de la commission, par les processus administratifs à suivre, chaque entité se bornant à rester dans le rôle qui lui est assigné. "Il n'y a rien de plus confortable qu'une procédure bureaucratique. Mais, vous les députés, vous êtes en charge de la Région. Faites-là changer, cette procédure même si c'est évidemment plus facile à dire qu'à faire", a enfin estimé Catherine Fallon.

Ce vendredi après-midi, la commission poursuivra son travail avec l'audition de Jacques Teller, professeur d'urbanisme à l'ULiège.

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