Au cœur de l’hiver, les besoins des sinistrés des inondations de juillet restent gigantesques

Une deuxième tranche de 10 millions d’euros a été débloquée par le fédéral pour soutenir les familles plus démunies.

Au cœur de l’hiver, les besoins des sinistrés des inondations de juillet restent gigantesques
©Aurélien Goubau
Belga

La période de fin d’année est particulièrement douloureuse pour les sinistrés qui n’ont pas encore pu réintégrer leurs habitations dévastées par le déluge de la mi-juillet. Le Conseil des ministres a libéré vendredi la deuxième tranche de sa subvention "Inondations" visant à les soutenir, via les CPAS, a indiqué la ministre de l’Intégration sociale, Karine Lalieux (PS). Un budget exceptionnel d’urgence de 20 millions d’euros avait été dégagé quelques jours après les inondations qui ont touché des milliers de personnes.

Ces subsides, complémentaires aux initiatives prises par les Régions, ont été accordés au bénéfice des CPAS des communes sinistrées pour l’octroi d’aides sociales sous la forme la plus appropriée. Une première tranche de 10 millions d’euros a déjà été répartie fin août.

"Les personnes sinistrées, et certainement les plus démunies, mettront du temps à rénover, réaménager, reconstruire et se reconstruire. Les besoins sont encore gigantesques dans les zones les plus touchées. Cette nouvelle tranche de 10 millions d'euros permettra aux CPAS d'apporter toute l'aide nécessaire pour les prochains mois." Cette deuxième tranche de la subvention fédérale est répartie en fonction du nombre définitif des foyers sinistrés, calculé par chaque Région.

Des logements dans la caserne de Saive

Sur le terrain, on multiplie les initiatives pour tenter de reloger durablement les familles qui ont tout perdu. Ainsi, une aile inoccupée de l’ancienne caserne militaire de Saive a été reconvertie en quelques mois à peine en appartements afin d’accueillir des sinistrés, à la suite d’une collaboration inédite entre la commune de Blégny et celle de Trooz. Les douze premières unités de logements (dix studios et deux appartements) sont désormais fonctionnelles et prêtes à recevoir leurs occupants dès la semaine prochaine. À terme, 48 logements vont y être créés, avec sanitaires et cuisines équipées à neuf.

"Ces chambres ont été réaménagées dans un temps record pour un montant record, à peu près de 60 000 à 65 000 euros par unités de logement", s'est félicité vendredi le bourgmestre de Blégny Marc Bolland (PS). Le reste des appartements devrait être rendu accessible d'ici la fin du mois de janvier 2022.

La commune de Trooz avait sollicité l’aide des autorités communales de Blégny, à la suite du manque de logements à disposition sur son territoire après les inondations. Une solution est très vite apparue : la caserne abandonnée par l’armée et rachetée en 2014 par la commune de Blégny.

Dans la foulée, avec l’aide de la Région, les budgets se sont mis en place et les marchés ont été lancés. Les sinistrés qui s’y installeront garderont leur adresse à Trooz et c’est le centre public d’action sociale (CPAS) qui gérera l’immeuble.

"Le relogement est un défi colossal", a rappelé le ministre de tutelle, Christophe Collignon (PS), qui avait lors d'une première visite à la fin de l'été souligné tout le potentiel des lieux, se montrant d'ailleurs surpris du bon état de la caserne.

"Je ne vois que des points positifs à cette opération : on répond à un besoin social très urgent, on crée des synergies entre les communes, ce projet est un modèle d'efficacité de gestion publique et c'est aussi du durable", a notamment commenté M. Collignon.

L’investissement total tourne autour de 3,5 millions d’euros.