Comment sortir définitivement de la pandémie: les deux hypothèses exposées par Yves Coppieters

Yves Coppieters a évoqué la fin de la pandémie. Même si cela pourrait prendre du temps.

Quand l'épidémie prendra-t-elle définitivement fin? Cette question hante probablement toute la population. Et il est impossible ou presque, d'y répondre. Aujourd'hui la question est plutôt de savoir comment faire pour y parvenir? Yves Coppieters a une petite idée de réponse: "L'hypothèse est que, petit à petit, une immunité collective s'installe, une vraie cette fois-ci", commence-t-il dans des propos repris par la RTBF. "Elle serait basée d'une part sur l'immunité post-vaccination, post deux doses, post trois doses. Et d'autre part, sur (les contaminations). Et donc une partie de la population a développé une immunité tout à fait naturelle. Je pense qu'on arrive petit à petit à cette immunité collective et c'est ce qui pourrait expliquer la moindre létalité d'Omicron", explique l'épidémiologiste.

Une bonne nouvelle. Car plus loin dans cette interview donnée à nos confrères, il estime que c'est la manière la plus probable d'en finir avec la pandémie. "L'épidémie va petit à petit s'éteindre, c'est-à-dire qu'elle ne va pas disparaître, on ne va jamais éradiquer le SARS-CoV-2, mais on va arriver à un niveau de circulation très faible et ce niveau de circulation va être tout à fait maîtrisé par ces stratégies, et éventuellement avec un risque de retour saisonnier, comme la grippe saisonnière."

Ensuite, la gestion des vaccins pourra toujours mieux réguler cette maladie. "On peut adapter les traitements petit à petit par rapport à ces futures vagues qui ne seront pas du tout des vagues de la même intensité. C'est ça l'évolution d'une épidémie et c'est un contrôle à long terme. On ne parle donc plus d'un coronavirus grave, mais on parlera d'un coronavirus dit bénin, comme on les trouve de façon saisonnière chez nous, avec des simples rhumes et des angines, etc."

Delta et Omicron, des frères pas si différents

Le professeur de santé publique à l'ULB a également comparé les variants Delta et Omicron. Bien que le premier soit plus létal que le second, ils ne sont pas forts différents. "Omicron est arrivé dans une population qui est nettement plus immunisée et protégée que lors de l'arrivée de Delta. Ce qui constitue plutôt une bonne nouvelle. Maintenant, la question est : combien de temps va durer cette immunité collective?", s'est-il questionné.

Le contexte étant différent, Omicron s'attaque donc à une population plus à même de le contrer. Cependant, il est encore beaucoup trop tôt pour crier victoire. "Je ne veux pas casser l'ambiance, mais en 2021, on a eu cinq variants préoccupants, donc il n'y a pas beaucoup de raisons qu'en 2022, malheureusement, on n'en ait pas non plus", a ajouté Yves Coppieters. "Le variant suivant sera certainement plus contaminant. Qui dit contamination, dit a priori moindre létalité, mais quoi qu'il en soit, ce n'est pas une science exacte."

Une deuxième hypothèse évoquée

Pour régler définitivement le problème de la pandémie, l'autre hypothèse avancée par l'épidémiologiste est naturelle et environnementale: "Il y a une souche plus létale, plus virulente, qui débarque avec une plus forte mortalité, et ces souches plus virulentes ont moins la possibilité de se répliquer puisqu'elles sont tellement létales qu'elles vont s'éteindre naturellement, et c'est ce qui s'est passé avec le SARS-CoV-1, le SRAS, en 2003."

Enfin, pour Yves Coppieters, on ne réglera pas entièrement le problème tant qu'une politique planétaire ne sera pas menée. "Soit on garde notre regard dans des œillères et on ne regarde qu'autour de soi, soit quelqu'un se lève un jour en disant : 'Non, on règle le problème à l'échelle mondiale parce que sinon, on ne va jamais s'en sortir'", a-t-il conclu.

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