Pollution à Zwijndrecht: "A aucun moment nous n'avons été alarmés d'un risque pour la santé de nos citoyens"

Des responsables de la commune anversoise de Zwijndrecht ont affirmé lundi en commission du parlement flamand ne jamais avoir été informés par les autorités ou instances régionales du danger sanitaire que représente pour les habitants la pollution aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dûe à l'activité de l'entreprise chimique 3M sur son territoire.

Pollution à Zwijndrecht: "A aucun moment nous n'avons été alarmés d'un risque pour la santé de nos citoyens"
©BELGA

Le bourgmestre André Van de Vyver et l'échevin en charge de l'Environnement Steven Vervaet se sont montrés critiques envers les autorités supérieures lors de leur audition face à la commission d'enquête "PFAS-PFOS" de l'assemblée régionale. Celle-ci entamait ce lundi le volet politique de ses séances. La Ville d'Anvers devait aussi venir s'exprimer lundi, mais le fait que le bourgmestre Bart De Wever soit en isolement complique la donne. Cette audition est donc remise à vendredi.

En attendant, le bourgmestre de Zwijndrecht (depuis 2012) et son échevin, tous deux du parti écologiste Groen, ne se sont pas privés de critiquer l'absence d'information dans ce dossier délicat. "Depuis 2000, on sait beaucoup de choses sur la pollution au PFOS (acide perfluorooctanesulfonique, qui fait partie de la famille des PFAS) liée à 3M. Mais à aucun moment nous n'avons été alarmés d'un risque pour la santé de nos citoyens", a expliqué l'échevin Steven Vervaet. Selon André Van de Vyver, il n'y a eu aucun signalement en ce sens, d'aucune instance ou autorité compétente pour l'inspection environnementale".

Selon l'échevin Vervaet, ce n'est qu'en juin 2021, lors du véritable éclatement du scandale dans la presse, que la commune a reçu le rapport de 2017 du toxicologue Jan Tytgat (KUL), qui évoquait par exemple les risques lors de la consommation d'oeufs ou de légumes locaux. Ce rapport avait été élaboré pour la BAM, société anonyme de droit public qui opère désormais sous le nom "Lantis" et gère le vaste chantier de l'Oosterweel, le bouclage du ring anversois. Les signaux d'alerte parvenus à la commune seraient quant à eux issus, en 2021, d'un activiste climatique, Thomas Goorden, ce qui a poussé les autorités de Zwijndrecht à prélever sans attendre des échantillons de sol, ont affirmé les responsables locaux lundi.

Ceux-ci ont expliqué qu'ils faisaient pourtant confiance aux autorités régionales compétentes qui auraient dû, selon eux, partager avec la commune toute information pertinente quant à un potentiel risque sanitaire.

La société américaine 3M est aussi pointée, pour avoir "minimisé" le problème et bétonné sa communication externe, selon les reproches exprimés par l'échevin.