Grève de la faim des sans-papiers : la fabrique de l'église du Béguinage va en justice de paix pour mettre fin à l'occupation

La fabrique de l'église du Béguinage a pris un avocat pour initier des procédures au niveau de la justice de paix afin de mettre fin à l'occupation de personnes sans-papiers, ont annoncé mercredi les membres du projet La Maison de la Compassion.

Grève de la faim des sans-papiers : la fabrique de l'église du Béguinage va en justice de paix pour mettre fin à l'occupation
©BELGA

Un jugement est à attendre pour fin janvier, voire début février. L'occupation a été initiée en janvier 2021 par l'Union des Sans-papiers pour la Régularisation (USPR). L'église a constitué entre fin mai et fin juillet le centre névralgique de la grève de la faim de plus de 400 personnes, qui réclamaient l'établissement de critères de régularisation pour les migrants économiques présents depuis de longues années sur le territoire. Il reste aujourd'hui une vingtaine d'occupants qui vivent sur place. Des organisations tentent de leur trouver un logement.

Depuis l'annonce de la décision de mettre fin à l'occupation, "des appels circulent sur les réseaux sociaux pour reprendre l'occupation", observe Karen Naessens, coordinatrice de La Maison de la Compassion. "Après de longues actions, les gens sont épuisés et ceux qui avaient l'énergie d'apaiser les situations ne sont plus là. On se rend compte que ces périodes sont plus particulièrement dangereuses et que la sécurité n'est plus garantie. On ne dispose pas des ressources d'organismes comme La Croix-Rouge et on ne peut pas avoir des personnes tout le temps sur place pour veiller à ce qu'il n'y ait pas de conflit. C'est pour cela que la fabrique de l'église a décidé d'aller en justice de paix. Cela ne veut pas dire que les gens vont directement être expulsés, mais qu'un juge de paix va évaluer la situation".

Des dégâts liés à l'occupation sont à réparer. Des câbles électriques ont notamment été abîmés lors de conflits. L'électricité a été coupée pour éviter un incident.

"La fin de l'occupation ne signifie en aucun cas la fin de notre solidarité avec les sans-papiers." assure le père Daniel Alliët, qui est à l'initiative de La Maison de la Compassion. "Nous continuerons à défendre les droits des sans-papiers."

Karen Naessens explique que les personnes sans-papiers peuvent continuer à venir à l'église en journée pour organiser leur lutte politique, mais qu'il n'est plus souhaitable que certains continuent de dormir sur place, surtout que le bâtiment protège peu du froid en hiver.