Un record de contaminations au coronavirus enregistré lundi en Belgique: "Le pic de la 5e vague est en vue"

Steven van Gucht a fait le point sur la situation épidémiologique en Belgique lors d'une conférence de presse ce vendredi.

Un record de contaminations au coronavirus enregistré lundi en Belgique: "Le pic de la 5e vague est en vue"
©Belga

Où en est-on dans l'épidémie de coronavirus ? Steven Van Gucht, porte-parole interfédéral dans la lutte contre le Covid-19, a commencé par présenter les chiffres. "Nous devrions bientôt atteindre le pic".

En moyenne, il y a eu 52 000 infections par jour la semaine dernière dans notre pays, ce qui représente une hausse de 53 %. Lundi, un nouveau record de contaminations a été enregistré chez nous, avec 75.805 cas détectés sur une seule journée. Un cap jamais atteint depuis le début de la pandémie. Toutefois, "la croissance des infections et des hospitalisations semble ralentir ce qui signifie que l'on pourrait atteindre rapidement le pic de cette 5e vague", a déclaré l'expert.

Les infections augmentent surtout chez les enfants, les adolescents et leurs parents. Les adolescents sont particulièrement touchés avec une hausse de 26 % des infections dans ce groupe d'âge. Au niveau des régions, c'est la Wallonie qui est la plus touchée par les infections.

Omicron prédominant

Au total, 98% des infections sont dues à Omicron. Par contre, la sous variante BA.2, qui commence à poser question, ne représente que 2 % des infections en Belgique pour le moment.

Les hospitalisations sont aussi en hausse, avec une augmentation de 34 % par rapport à la semaine dernière, mais le rythme ralentit. La semaine dernière cette hausse était de plus de 50 %. Actuellement, 387 patients sont soignés en soins intensifs ce qui ne représente que 10 % des lits.

"La campagne de rappel est un succès mais commence a ralentir", a aussi indiqué Steven Van Gucht. La couverture vaccinale de cette dose booster est de 54 % en Flandre, 58 % en Wallonie et de 31 % à Bruxelles. "La dose de rappel confère une protection supérieure contre les infections et les hospitalisations. Une meilleure immunité permet aussi de nous protéger contre l'apparition de futurs variants. Le booster est notre meilleure garantie pour un été sans soucis", a appuyé le virologue.

Absentéisme au travail

Lode Godderis, professeur en médecine du travail de la KULeuven, a ensuite fait un point sur la problématique de l'absentéisme au travail. Dans tous les secteurs d'activités, on observe une forte hausse des absences en ce début d'année. Seule exception : les professions en extérieur, comme dans le secteur de l'agriculture et de l'horticulture, qui présentent moins de contaminations que la population générale.

Il y a en moyenne une augmentation d'un tiers de l'incidence sur 100 000 personnes dans la population active en une semaine. Cette incidence est aussi supérieure d'un tiers à celle observée dans la population générale. Cela suggère que ce sont principalement des adultes qui travaillent qui se contaminent entre eux.

Sur les deux dernières semaines, on comptabilise plus de 7000 infections pour 100.000 personnes dans l'éducation, le secteur dont la hausse est la plus importante.

Les chercheurs ont mis en place des modèles permettant de prédire l'absentéisme, sur la base des données de l'incidence au sein de la population active de l'année 2021. Ainsi, une hausse de 1000 nouveaux cas par semaine conduirait à un absentéisme de 1,7 % avec des mesures sanitaires en vigueur et de 2,5 % sans mesures sanitaires. Avec les infections actuelles, on pourrait arriver de 20 à 30 % d'absences au travail.

Dans les secteurs où les travailleurs ne peuvent pas faire du télétravail, une infection au Covid peut plus souvent entraîner une absence pour maladie. Cela se reflète dans le secteur de la santé, où le taux d'absentéisme pour 1 000 nouvelles contaminations y est bien plus élevé par rapport à la moyenne de la population active pour tous les secteurs : 1,34 % contre 0,44 %. D'où l'importance de la mise place du télétravail et de la dose booster, a insisté le professeur.

Alors que plusieurs pays européens commencent à relâcher leurs mesures sanitaires, pourrait-on envisager la même chose chez nous ? "Il ne faut pas oublier que la pression sur les soins de santé est toujours très forte, dans les hôpitaux comme chez les généralistes, mais aussi dans les écoles. Les efforts doivent être maintenus dans le société pour atteindre le pic toujours à venir", a répondu Steven Van Gucht. "Le baromètre vient tard mais il très utile pour indiquer la marche à suivre dans les semaines à suivre", a-t-il aussi ajouté.