Le secteur événementiel se montre critique après le Codeco: "Cette décision est difficile à comprendre"

Le secteur de l'événementiel s'est montré critique à l'égard des assouplissements annoncés par le comité de concertation vendredi.

Le secteur événementiel se montre critique après le Codeco: "Cette décision est difficile à comprendre"
©Bernard Demoulin

Ceux-ci ne sont en effet pas suffisants pour le rendre à nouveau rentable, déplore ainsi l'organisation sectorielle Event Confederation. Le secteur de l'événementiel reconnait que les mesures décidées vendredi constituent de "bonnes nouvelles". En phase orange, le secteur événementiel pourra en effet obtenir davantage d'autorisations. Néanmoins, le secteur reste critique. "Autoriser une capacité de 70 ou 80% est à peine rentable. Nos entreprises événementielles ont besoin de capacités plus élevées dans les salles pour pouvoir travailler de manière rentable. Le secteur veut être en mesure d'éliminer les pertes accumulées et ne peut pas commencer à le faire maintenant", regrette l'Event Confederation.

Le secteur demande donc une perspective concrète de "code jaune" à très court terme. "Ce n'est qu'à ce moment-là que le printemps pourra devenir vraiment festif. D'ici là, un soutien est nécessaire", insiste-t-il.

Le maintien de l'obligation du port du masque pour un public assis lors d'événements non dynamiques n'est pas non plus bien perçu. "Cette décision est difficile à comprendre."

Le secteur culturel partagé entre un "signal positif" et des "mesures insuffisantes"

Le secteur culturel s'est montré mitigé à l'annonce des nouvelles mesures prises vendredi par le Comité de concertation et au passage en "code orange" du baromètre, signifiant notamment que les cinémas et établissements culturels pourront accueillir davantage de public à partir du 18 février. Pour Patricia Santoro, directrice de l'Association des centres culturels, "ce n'est pas suffisant". Selon elle, la différence de capacité entre un événement avec un public assis en intérieur (80%) et un public dynamique à l'intérieur (70%) "ne se tient pas". "Il y a aussi une grosse différence entre le secteur culturel et d'autres secteurs d'activité qui ne sont pas dans le baromètre, comme les centres commerciaux où il n'est exigé ni CST, ni jauge", explique-t-elle, ajoutant aussi que le "manque de prévisibilité" est réellement problématique pour un secteur qui doit planifier ses événements parfois plusieurs mois à l'avance.

Du côté des cinémas, la capacité des salles augmente, passant de 70% à 80%. C'est mieux que rien selon Thierry Laermans, secrétaire général de la Fédération des cinémas de Belgique (FCB). "On s'y attendait et cela n'apporte pas beaucoup de changements à notre secteur. On aurait aimé pouvoir monter jusqu'à 90% comme la couleur orange du baromètre aurait pu le permettre." Le secrétaire général de la FCB aurait aussi apprécié la disparition du Covid Safe Ticket (CST, le certificat qui atteste d'une vaccination, d'une guérison ou d'un dépistage négatif au coronavirus, donnant accès à certaines activités). "Il cause de plus en plus de problème aux caisses. Plusieurs experts se sont exprimés mettant en doute son utilité et les gens montrent moins de compréhension."

M. Laermans rappelle aussi qu'au-delà de la levée progressive de certaines mesures en raison de l'amélioration de la situation sanitaire, la crise économique pose toujours de gros problèmes. "Nous avons fait des efforts, nous avons dû fermer durant 15 mois. Mais nous n'avons reçu que des aides minimes et nous demandons toujours un soutien financier."

"Cet assouplissement des règles est très important, cela donne un signal positif pour les professionnels du secteur mais aussi au public", a, quant à elle, commenté Françoise Havelange, secrétaire générale de la FEAS (fédération des employeurs des arts de la scène), sur le plateau de la RTBF.

Concrètement, le port du masque restera obligatoire pour les activités non dynamiques à l'intérieur. Le CST sera, lui, nécessaire pour toutes les activités intérieures à partir de 50 personnes et pour les activités extérieures à partir de 100 participants.

Une capacité de 200 personnes est toujours autorisée, mais peut être augmentée pour passer à: 70% de la capacité pour les activités dynamiques à l'intérieur ; 80% pour les activités non dynamiques à l'intérieur et pour toutes les activités extérieures ; 100% si la qualité de l'air est inférieure à une valeur (cible) moyenne de 900 ppm de CO2 (démontrant une bonne ventilation) pour les activités à l'intérieur ; 100% pour les activités extérieures si l'on travaille avec des compartiments comptant jusqu'à maximum 2.000 personnes ou si des mesures de gestion des foules ("anticrowding") supplémentaires sont prises après avis positif de la cellule de sécurité locale.

La réouverture des discothèques, "très bonne nouvelle" pour le secteur, qui a été entendu

Le passage du baromètre corona du rouge à l'orange à partir du 18 février et la réouverture du monde de la nuit qu'il implique, avec toutefois une jauge de 70%, est une "très bonne nouvelle", se réjouit Lorenzo Serra, le porte-parole de la fédération Brussels by night. Il se dit très satisfait que les demandes du secteur aient été entendues par les différents gouvernements et que" le politique puisse encore prendre des décisions positives". Le Comité de concertation a décidé vendredi de la réouverture du monde de la nuit, avec cependant une capacité limité à 70%. Le Covid Safe Ticket sera toujours nécessaire pour accéder aux établissements, dès le moment où les activités intérieures accueillent 50 personnes ou plus. Pour les activités extérieures, le CST sera nécessaire dès 100 participants. Seul le personnel aura encore l'obligation de porter un masque.

"La réouverture est une très bonne nouvelle pour la santé mentale des jeunes, des entrepreneurs et des fournisseurs", dit Lorenzo Serra, soulignant l'aspect "essentiel" de son secteur. "Nous avons un vrai patrimoine de la culture festive en Belgique, notamment avec les festivals, et on s'est assis dessus durant deux ans. Les responsables politiques ont entendu le récent cri d'alarme du secteur, qui avait annoncé cette semaine qu'il rouvrirait le 18 février quoi qu'il arrive. "Ils ont compris l'urgence de la situation de la culture festive", se félicite le responsable.

La jauge de 70% ne rend pas les discothèques et boîtes de nuit rentables, met-il toutefois en garde. Le secteur compte dès lors demander des aides fédérales et régionales pour combler la différence, qui pourraient par exemple passer par une TVA à 6%.

La fédération Brussels by night espère que le baromètre corona pourra passer le plus rapidement possible au code jaune, "possiblement vers la mi-mars", ce qui signifierait la fin de la jauge. "Si l'on reste longtemps en code orange, cela serait dangereux pour la viabilité financière des établissements", met en garde son porte-parole, rappelant que le secteur, "à l'agonie financièrement", a été fermé pendant deux ans, à l'exception de 57 jours.

En cette période précédant le retour des beaux jours, début avril, et celui des événements festifs à l'extérieur et des festivals, tout jour d'ouverture est important, souligne encore Lorenzo Serra. "Il était primordial de rouvrir le plus vite possible car, à partir d'avril, le clubbing indoor est beaucoup moins rentable."

Les prestataires de mariage contents que le nombre de convives à table ne soit plus limité

La Fédération belge des prestataires de mariage a accueilli avec soulagement les assouplissements décidés vendredi par le Comité de concertation dans le cadre de la gestion de la crise du coronavirus. La limitation du nombre de convives à table - établie à six - sautera le 18 février, tandis que les noceurs et noceuses pourront danser sans masque. "Enfin un signal positif pour notre clientèle", souffle la porte-parole de la fédération, Isabelle Ghosez. Tout comme les enterrements, les mariages constituaient déjà une exception aux événements selon le code rouge du baromètre gouvernemental. Ils pouvaient accueillir, moyennant l'usage du Covid Safe Ticket (CST), à partir de 50 personnes en intérieur et 100 en extérieur. Les convives devaient en outre sortir le masque pour se déhancher sur la piste de danse.

"Nous restons une exception, qui nous permet de remplir une salle à pleine capacité. Les invités et invitées pourront également se défaire de leur masque pour danser et les tables pourront accueillir plus de six couverts. C'est très positif", s'est réjouie Mme Ghosez.

La période s'annonce chargée pour les organisations de mariage. "De nombreux mariages ont été reportés ces derniers mois. À partir de mars, nous nous attendons à quelques mariages reportés mais aussi à beaucoup de 'nouvelles' fêtes."

La fédération espère un passage au code jaune dès mars, même si celui-ci supposera de nouveaux défis pratiques et matériels. "Mais il vaut mieux que ce soit ainsi, plutôt que d'avoir plus de restrictions", conclut la porte-parole.

Les magasins de mode déçus de ne pas pouvoir se passer du masque

Le secteur de la mode est déçu que le port du masque soit encore imposé dans ses magasins. Mode Unie estime que les enseignes de vêtements ne constituent pas des lieux de contagion plus importants que les cafés et restaurants. Les clients de l'horeca ne seront pourtant plus tenus de porter un masque dans une semaine, à l'occasion du passage au code orange du baromètre corona, annoncé vendredi par le Comité de concertation. "C'est très calme actuellement dans les magasins de vêtements et les bulles sont toujours respectées lorsque les clients font leur shopping, contrairement à ce que l'on peut voir dans l'horeca", pointe Isolde Delanghe, directrice de Mode Unie, la filiale d'Unizo pour les indépendants actifs dans le commerce de mode.

La levée du port du masque aurait en outre permis un véritable redémarrage de l'activité. "Lorsque le masque avait été abandonné en octobre, le secteur avait immédiatement constaté une augmentation dans les ventes. Cela prouve que les clients ont plus envie de se trouver des nouveaux vêtements quand ils peuvent le faire sans masque. Maintenir une obligation à cet égard pour les clients est une occasion manquée pour les commerçants de donner un départ solide à la nouvelle saison des ventes après quatre saisons entachées du coronavirus."

Le SNI a de son côté salué la possibilité de faire du shopping sans limite de nombre de personnes.