À la Clinique des nounours, des étudiants sensibilisent les enfants au milieu médical

Pour le quatrième numéro de la série "Cap sur les KAP", qui s'intéresse aux kots-à-projet, "La Libre Etudiant" est partie à la rencontre du Pédiakot et du Kot Libellule qui organisent la célèbre "Clinique des Nounours".

"Où est-ce qu'il a mal ton nounours?", demande un étudiant en médecine de BAC3 à l'enfant en train de lui tendre une peluche en forme de dinosaure. "Il a mal à la patte", répond timidement le bambin. "On va regarder ça", le rassure le "nounoursologue" bienveillant. Après avoir ausculté la peluche, et invité l'enfant à participer, le professionnel livre son verdict: Dino va devoir faire un peu de kiné afin de se rétablir totalement. "Après cela, il sera en parfaite santé", promet l'étudiant.

L'ourson d'un autre bambin, lui, devra se faire opérer. Mais là encore, l'étudiante en charge de l'opération se montre rassurante. "Regarde, on va lui faire une piqûre pour l'endormir, comme ça il n'aura pas mal du tout". Bien qu'impressionné, le petit garçon suit les directives de la jeune femme et contribue à soigner sa peluche. "A ton avis, il a eu mal pendant l'opération?", lui demande-t-elle à la fin. "Non", assure du tac-au-tac l'enfant. Pari réussi pour la nounoursologue!

Démystifier le monde médical

La Clinique des nounours a été créée dans le but de démystifier le monde médical, qui peut parfois paraître très effrayant aux yeux des enfants. Derrière cette initiative, on retrouve l'Asbl "Clinique des nounours", ainsi que deux kots-à-projets de l'UCLouvain-Woluwe centrés sur l'enfance, le Pédiakot et le Kot Libellule. Cette année, pour sa 9ème édition organisée du 15 au 17 mars, la clinique éphémère du campus de l'Alma va accueillir 750 enfants. 400 "nounoursologues", c'est-à-dire des étudiants en médecine de l'UCLouvain et en paramédical de la Haute Ecole Vinci, viendront aussi leur prêter main forte.

"C'est notre plus gros projet de l'année", nous souffle Camille, la présidente du Pédiakot. "On s'y met dès la première semaine du premier quadri. Cette année, c'était encore plus difficile car, à cause du Covid, l'événement a été annulé deux années de suite. Beaucoup de membres des kots-à-projet ne savaient donc pas bien à quoi devait ressembler la Clinique des nounours. Heureusement, des anciens nous ont aidés, tout comme l'Asbl."

Il suffit de voir le parcours hyper complet proposé aux enfants, tantôt venus avec leur classe, tantôt accompagnés de leurs parents, pour se rendre compte du travail abattu. "Le parcours dure 2h en tout. Les enfants commencent par une initiation aux premiers secours avec le Lapin Dicite", nous explique Laurine Anselmo, la présidente de l'Asbl. "Ils rejoignent ensuite la salle d'attente. Avant de venir, ils ont dû choisir quelle partie du corps de leur nounours était blessée. Cela va permettre aux étudiants de poser le diagnostic. De là, soit l'enfant va être orienté vers le parcours médical, soit vers le parcours chirurgical." Peu importe la voie qu'ils suivront, les petits seront mis en situation réelle et confrontés à du vrai matériel médical, mis à disposition par différents sponsors. "On essaie de leur expliquer les choses au mieux. On leur montre à quoi sert le matériel, pourquoi on l'utilise. On les implique vraiment dans tout le processus", note Amélie, du Kot Libellule. "On espère qu'après ça, si un jour ils doivent aller à l'hôpital, ce sera moins impressionnant pour eux." "Les parents nous disent généralement que les enfants qui sont venus à la Clinique des Nounours sont plus rassurés lorsqu'ils doivent passer un examen médical", se réjouit Laurine Anselmo. "Cela montre que nous avons rempli notre objectif."

Les étudiants en médecine et dans le secteur paramédical, eux aussi, y trouvent leur compte. "On exerce notre côté pédagogue", note Maxime, étudiant en Master 1 en médecine à l'UCLouvain. "On apprend à expliquer les choses simplement et à rassurer de jeunes patients.""C'est un vrai plus pour eux", confirme Laurine Anselmo.

Les KAP organisent aussi d'autres activités

Si la Clinique des Nounours leur prend pas mal de temps, les deux kots-à-projet organisent d'autres activités tout au long de l'année, toujours au contact des enfants. Le Kot Libellule, par exemple, se rend une fois par semaine au Roseau, une asbl qui accueille les familles de patients hospitalisés à Saint-Luc. "On divertit les enfants qui viennent se faire soigner depuis l'étranger.Ils ne sont pas forcément hospitalisés, mais ils doivent être proches de l'hôpital pour subir des examens au moins une fois par semaine. On joue avec eux, on les occupe pour que leur quotidien soit un peu moins dur", détaille Amélie. Les membres du Pédiakot, eux, se rendent tous les jeudis soirs au service pédiatrie de l'hôpital Saint-Luc où ils animent les enfants hospitalisés.

Les deux kots-à-projet n'en oublient toutefois pas les étudiants du supérieur, auxquels ils proposent également des activités tout au long de l'année. Du côté du Kot Libellule, des activités sont notamment organisées pour Halloween et Carnaval. Au deuxième quadri, ils mettent également en place un Monopoly géant, "tout simplement parce que c'est un jeu auquel on a tous joué quand on était jeunes". Le Pédiakot, lui aussi, propose de nombreux événements comme le Pediaboyard, leur version du célèbre jeu de France 2, la Saint-Nicolas ou encore La Traque, une sorte de chasse aux œufs, mais avec des bières spéciales. "On fait ressortir le côté enfantin que chacun a en soi", résume la présidente. Depuis peu, ils ont également créé un nouveau projet, qui se nomme "les valises béninoises", et qui consiste à envoyer du matériel et des jouets au Bénin, avec des étudiants en médecine qui partent là-bas en stage.

--> Plus d'infos : http://www.clinique-des-nounours.be/