"Je suis un peu inquiet": Frank Vandenbroucke rappelle que l'épidémie de Covid "n'appartient pas au passé"

Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, a lancé mardi un appel à ne pas relâcher la vigilance face à la pandémie de covid-19.

"Je suis un peu inquiet": Frank Vandenbroucke rappelle que l'épidémie de Covid "n'appartient pas au passé"
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En commission de la Chambre, il n'a pas caché son inquiétude devant une tendance dans la population à considérer que le virus appartenait au passé. "Je suis un peu inquiet. Avec le passage en code jaune, la levée d'une série de mesures, des gens pensent que le virus, c'est du passé", a-t-il expliqué. "L'évolution des chiffres montre que l'épidémie n'appartient pas au passé".

Le ministre a notamment épinglé l'augmentation des hospitalisations qui crée à nouveau une pression dans les hôpitaux. "Je demande à la population de tenir compte de ce qui se passe dans les hôpitaux et de se montrer solidaire", a-t-il dit.

L'appel du ministre rejoint d'autres mises en garde. Lundi, interrogée dans la Libre, l'infectiologue Erika Vlieghe, présidente du groupe d'experts qui conseille le gouvernement, a estimé nécessaire de se préparer à une éventuelle nouvelle vague de coronavirus. "On doit apprendre que cette pandémie durera longtemps", avertissait-elle.

Si la situation actuelle est sous contrôle, "cela ne signifie pas qu'après l'été, on ne sera pas au nouveau dans la tempête", a souligné M. Vandenbroucke.

Dans ce cadre, le ministre appelle à une "culture positive" du masque. Il n'entend pas non plus jeter aux oubliettes le covid safe ticket (CST). Le point figurera à l'ordre du jour du prochain comité de concertation, après les vacances de Pâques. "On a dit que l'on allait réfléchir à l'avenir du CST sur la base des avis disponibles. Ma conclusion, ce n'est pas qu'un tel instrument n'a plus d'utilité", a souligné M. Vandenbroucke.

Selon lui, il faudrait préparer le cadre légal permettant l'activation d'un passe sanitaire. "Lorsqu'il est bien utilisé et nécessaire, il peut contribuer à la sécurisation de notre vie", a-t-il dit.

Jusqu'à présent, la majorité est divisée sur le sort du CST. Elle a d'ailleurs rejeté mardi l'idée de conclure les auditions menées sur l'obligation vaccinale en commission de la Santé par des recommandations. Dans l'opposition, certains ont toutefois mis en garde contre le risque d'une improvisation législative dans l'urgence si une nouvelle vague de la pandémie frappait le pays.

Si une loi encadrant le CST n'est pas d'actualité pour le moment, la commission de la Santé a par contre entamé ses travaux sur le projet de loi controversé imposant au personnel soignant de se faire vacciner. M. Vandenbroucke espère un premier vote avant le congé de Pâques. A ses yeux, un tel dispositif est nécessaire pour préserver à la fois la santé des patients et la capacité des structures de soins. "Il faut être prêt à tout moment. C'est une leçon cruciale à tirer de cette crise: il faut pouvoir agir rapidement", a-t-il rappelé.