Le grand saut dans la vie active: mode d'emploi pour les travailleurs novices

Au "ouf" de soulagement lors de la remise des diplômes, succède souvent l'angoisse liée à la découverte du marché de l'emploi. Alors, quelles sont les premières démarches à effectuer à la sortie des études?

Thibault Debrus (st.)
Le grand saut dans la vie active: mode d'emploi pour les travailleurs novices
©BELGA

Chaque année, à la rentrée académique, Infor Jeunes, le principal centre d'information pour la jeunesse , fait face à une montagne de demandes. Pour les étudiant(e)s du supérieur, la fin de l'été coïncide avec les recours liés aux secondes sessions et aux inscriptions. Et, pour ceux qui sortent des études, cette période est souvent celle du grand saut dans la vie active...

"La thématique emploi concentre une partie importante de nos demandes d'informations ", explique Pierre Targnion, porte-parole de la fédération d'Infor Jeunes. " Et la principale question concerne les démarches à effectuer à la sortie des études. On voit bien qu'elles ne sont pascomprises, et que le cadre scolaire ne prépare pas toujours à ces questions. Or, c'est une étape-clé de la transition entre les études et la vie active ".

Pour l'occasion, mode d'emploi à destination de ces futur(e)s travailleur(se)s.

1. L'indispensable : s'inscrire comme "demandeur d'emploi"

À la sortie des études supérieures, le premier réflexe est de " se tourner vers son service régional d'emploi, le Forem en Wallonie ou Actiris à Bruxelles, pour s'inscrire comme demandeur d'emploi " , explique le représentant d'Infor Jeune. Si l'inscription n'est pas obligatoire, elle est (très) fortement recommandée. " C'est ce qui acte le début du stage d'insertion professionnelle, d'une durée de 310 jours" . Pour rappel, c'est seulement à la fin de cette période que le demandeur d'emploi peut commencer à percevoir des indemnités (jusqu'à 1004,38 € par mois à partir de 21 ans).

"L'inscription peut se faire en ligne, sur le site régional du service d'emploi . Il faut, notamment, compléter l'équivalent d'un petit CV et détailler ses aspirations professionnelles" , détaille Pierre Targnion. "Vous recevez alors quelques documents par voie postale, qu'il faut d'ailleurs bien conserver pour la suite, et vous serez invité à rencontrer un conseiller pour établir un plan d'action ". Ce plan d'action, les deux organismes régionaux vous aideront à le mettre en œuvre, entre autres via des rendez-vous réguliers et des outils personnalisés.

2. Quand s'inscrire ?

" Le stage d'insertion professionnelle commence à différents moments, en fonction des ca s" explique le porte-parole d'Infor Jeunes.

Pour résumer :

  • En cas de réussite en première session, il commence dès le 1er août. À condition de s'être inscrit avant le 8 août.
  • En cas de réussite en seconde session, il commence le lendemain de la dernière échéance académique (examen ou remise de TFE, par exemple). De nouveau, seulement si l'inscription s'est faite au préalable.

"Il est important de s'inscrire directement (NDLR : dès le 30 juin de l'année diplômante) pour éviter de décaler le début du stage, et ne pas perdre ses droits sociaux au 31 août ", avertit Pierre Targnion. En faisant les démarches à temps, les jeunes conservent en effet leur droit aux allocations familiales et peuvent rester sur la mutuelle de leurs parents jusqu'à 25 ans.

3. À quoi correspond le 'stage d'insertion professionnelle' ?

Durant son stage d'insertion professionnelle, le "demandeur d'emploi non indemnisé" est tenu de se montrer actif et disponible sur le marché. Tout au long du stage, il est donc conseillé de conserver des preuves de cette recherche active de travail (entretiens d'embauche, réponse aux convocations du service de l'emploi, candidatures spontanées, inscription à des agences d'intérim, etc.). " L'Office national de l'Emploi (ONEM) en tient compte lors de ses deux évaluations (à 4 et 8 mois), qui décident de la validité ou non du stage" , complète le porte-parole. "Ce sont donc eux qui décident, dans le cas où vous êtes toujours demandeur d'emploi après les 310 jours , de l'octroi ou non des allocations d'insertion (ou des indemnités de chômage si vous avez plus de 25 ans ) ". Tant qu'une évaluation négative est émise, le stage est, en principe, prolongé.

À noter que l'accomplissement d'un contrat de minimum 4 mois, équivalent temps plein, ou d'une formation en alternance, garantit une évaluation positive (sur les deux nécessaires) de la part de l'institution en charge du système d'assurance-chômage.

4. L'exception méconnue : le service citoyen

Pour les ex-étudiants qui ne souhaitent pas travailler dès la fin de leur cursus , pour se laisser un temps de répit ou de réflexion, une alternative unique en son genre permet également d'obtenir "l'évaluation positive" de l'ONEM : le service citoyen. "Ceux qui, à la sortie des études, ne se sentent pas encore prêts à entrer sur le marché de l'emploi, c'est vers là qu'on le redirige désormais. Il s'agit d'une organisation qui permet aux jeunes de s'investir dans différents programmes sociaux, en faisant du bénévolat quatre jours par semaine, et en suivant une formation le cinquième jour " explique Pierre Targnion. " C'est une occasion pour les jeunes, lors de leur stage d'insertion, de leur laisser du temps, tout en les maintenant actifs via des missions pour la collectivité."

Cette opportunité atypique, méconnue et, au regard de ce qui se fait chez nos voisins, sous-exploitée, concerne chaque année 500 jeunes âgés de 18 à 25 ans...
Nous en avons consacré un article, riche en témoignages.