Examen oral, défense de mémoire, entretien d'embauche : 5 conseils pour assurer lors d'une prise de parole

Annabelle, étudiante en master de droit à l'ULB, a décidé d'organiser une conférence gratuite à destination des étudiantes et étudiants du supérieur.

Examen oral, défense de mémoire, entretien d'embauche : 5 conseils pour assurer lors d'une prise de parole
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Au cours de leur cursus, tous les étudiants devront un jour ou l'autre passer par la case tant redoutée de l'examen oral. Pourtant, rares sont les jeunes (ou les plus vieux) qui se sentent à l'aise dans l'exercice. Il en est de même lorsqu'il s'agit de faire une présentation orale devant un auditoire, une défense de mémoire ou de se "vendre" lors d'un entretien d'embauche. Mais être à l'aise lorsque l'on s'exprime oralement est une qualité qui servira dans pas mal de circonstances. Nael Giannini, président de Felobel, la Fédération belge d'éloquence, nous donne quelques conseils pratiques pour s'améliorer.

1. Etablir un plan clair de son discours

Avant même d'envisager de parler devant un public, il convient de savoir très précisément ce que l'on va dire. Quelles idées veut-on véhiculer? Sur quoi veut-on insister? "La structure du discours est très importante", souligne Nael Giannini. Il ne s'agit pas ici d'écrire tout son texte et de l'apprendre par coeur mais plutôt d'établir un plan avec les idées principales. Le temps de préparation avant les examens oraux doit par exemple servir à mettre en avant des mots-clés efficaces qui permettront aux étudiantes et étudiants de ne pas perdre le fil de leurs idées au moment de prendre la parole.

Lorsque l'on a plus de temps pour préparer sa présentation, il est conseillé d'accorder une attention particulière aux transitions. "Pour que ce soit fluide, on conseille aux gens de retenir par coeur la première phrase de chaque paragraphe." De cette façon, s'il se sent perdu à un moment, l'orateur pourra toujours retomber sur ses pattes en énonçant avec assurance la première phrase du paragraphe suivant. "Certains paniquent parfois lorsqu'ils savent qu'ils n'ont pas dit tout ce qu'ils avaient à dire, mais il faut bien se rendre compte que le public qui les écoute n'est pas au courant du contenu de la présentation. Il ne saura donc jamais que tout n'a pas été dit." Oublier trop d'idées peut toutefois nuire au message, raison pour laquelle, l'expert conseille aux personnes qui prennent la parole d'avoir toujours le plan de leurs discours avec elles.

2. Soigner l'introduction et la conclusion

Pour être convaincant et éloquent, il faut également soigner son introduction et sa conclusion. Cela peut faire toute la différence lors d'un entretien d'embauche ou d'une présentation orale par exemple. "L'introduction doit captiver directement ceux qui l'écoutent. Il faut ainsi éviter une introduction trop scolaire pour privilégier une phrase percutante ou une anecdote qui aiguisera la curiosité du public."

Pour Nael Giannini, la conclusion doit également être travaillée. Trop de personnes concluent en effet leur présentation par un "voilà" ou une phrase bateau. Selon lui, "la conclusion doit être un récapitulatif des idées véhiculées lors de la présentation. Idéalement, ces idées doivent être reformulées et sublimées. Mais, surtout, le public doit comprendre instantanément qu'il s'agit de la conclusion. Pour cela, on peut notamment jouer sur l'intensité de la voix". La conclusion est importante non seulement car c'est la dernière image que votre interlocuteur aura de vous, mais aussi parce que c'est le moment où on vous posera des questions. Il faut donc absolument que la fin soit fluide et que toutes ces étapes s'enchaînent bien.

3. Répéter devant un miroir

Pour assurer lors d'une présentation orale, il faut s'entraîner, s'entraîner et encore s'entraîner. Beaucoup répètent tout haut mais, idéalement, il faut vraiment s'enregistrer en se regardant dans un miroir. Le miroir va en effet permettre de voir à quel moment on est moins à l'aise, de repérer ses tics mais aussi de s'habituer à être regardé. "En se réécoutant, on pourra aussi voir ce que l'on peut améliorer : les moments où on a trop cherché ses mots, les moments où ce n'était pas clair, etc." Bien sûr, il ne faut pas être trop sévère avec soi-même mais se voir permet de corriger facilement certains problèmes que l'on peut rencontrer.

"Beaucoup de gens ne savent pas quoi faire avec leurs mains pendant une présentation. Je leur conseille de s'entraîner devant un miroir à exprimer plusieurs émotions : joie, colère tristesse. Pour y parvenir, elles peuvent repenser à des moments de leur vie personnelle. En racontant ces moments tout haut face à un miroir, elles se rendront compte des gestes qu'elles utilisent pour exprimer des émotions spécifiques. Lorsqu'elles devront faire une présentation et faire appel à ces émotions, elles pourront facilement puiser dans leur panel de gestes." L'expert conseille par ailleurs d'oser faire des gestes lors d'une présentation. "C'est toujours mieux que de rester statique", dit-il. "Parfois, les gens ont peur de paraître ridicule s'ils en font trop, et du coup ils ne se donnent pas à fond. Or, on ne juge jamais ceux qui donnent toute leur énergie dans une présentation", explique-t-il.

4. Faire attention à son débit de paroles et à l'intensité de sa voix

Lorsqu'ils sont stressés, les gens ont tendance à parler plus vite et moins fort. S'enregistrer et se réécouter permet d'être conscient du problème. Pour éviter ces écueils, Nael Giannini conseille également de bien s'échauffer la voix. "Avant la présentation, on peut débuter une phrase en la murmurant et la terminer en criant. Cela permet de s'entraîner à faire des contrastes mais aussi de bien réveiller sa voix. De même, on peut réciter une phrase en parlant exagérément lentement et faire la suivante en parlant beaucoup trop vite. Cela devrait permettre d'être conscient de son débit et de jouer avec sa voix. Une fois que l'on maîtrise sa voix, on peut jouer avec elle : accélérer lors des énumérations et ralentir lorsqu'on parle de choses particulièrement importantes lors de la présentation.

5. Gérer le stress

Une bonne préparation devrait permettre de diminuer le stress. Mais, bien sûr, il sera toujours présent. Pour mettre toutes les chances de son côté, on peut toutefois faire des exercices de respiration avant de prendre la parole. "C'est aussi l'occasion de réciter les premières phrases de chaque paragraphe pour être sûr de gérer les transitions", conclut le spécialiste de l'éloquence.

Un événement destiné aux étudiantes et étudiants

Consciente qu'être à l'aise en parlant en public n'est pas évident, Annabelle, étudiante en master de droit à l'ULB, a décidé d'organiser une conférence à ce sujet, le 2 mai à 16h à la Salle Somville du bâtiment S de l'ULB. Avec The Inspiration Club, un groupement étudiant visant à inspirer et motiver les jeunes, elle a eu l'idée de faire venir plusieurs experts qui donneront des conseils aux étudiants du supérieur. "Il y aura deux humoristes, qui raconteront comment ils ont fait pour gérer le stress et comment ils se sont lancés. Mais aussi Shauna Dewit, une célèbre Tiktokeuse qui expliquera comment on peut parler devant un écran sans avoir peur du ridicule." Enfin, Felobel, la Fédération belge d'éloquence sera au rendez-vous pour donner des conseils pour approfondis. "Tous les participants pourront suivre des ateliers et échanger", explique-t-elle. "Je trouve que cela peut-être bénéfique pour tout le monde", explique la jeune femme, qui a eu l'idée en se rendant compte que ses ami(e)s n'osaient pas forcément prendre la parole au cours des TP.

La conférence, réservée en priorité aux étudiant(e)s du supérieur, est totalement gratuite. "L'ULB nous a mis une salle à disposition", précise l'étudiante. Si aucun frais n'est demandé, l'inscription est toutefois obligatoire !

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