"C'est facile, il suffit de savoir écouter", "vous psychanalysez tout le monde" : 6 clichés sur les études de psychologie

À chaque étude, ses clichés. Dans cette nouvelle série intitulée "Cliché ou réalité?", "La Libre Etudiant" s'est intéressée aux idées reçues que l'on entend souvent sur certaines facultés. Le but : déconstruire les stéréotypes, tout en apportant de précieuses informations à celles et ceux qui voudraient tenter l'aventure.

"C'est facile, il suffit de savoir écouter", "vous psychanalysez tout le monde" : 6 clichés sur les études de psychologie
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Lola Buscemi

Après les études de droits, nous nous sommes intéressés aux études de psychologie. Au cours des huit dernières années, le nombre d'étudiants inscrits dans les facultés de psychologie à l'ULB, l'UCLouvain, l'ULiège et l'UMONS a augmenté de 70%. Quels sont les principaux clichés qui entourent ces études qui intéressent toujours plus d'étudiants ?

1. La psychologie, c'est uniquement pour devenir psychologue

C'est faux ! Les débouchés et les lieux d'activités sont nombreux et variés. Le site du Forem liste 17 professions possibles et presque 30 lieux d'activités très divers comme la police, les CPAS, les écoles ou encore les cliniques.

"Souvent, le terme de psychologue se réfère au fait d'être psychologue en libéral, c'est réducteur car le choix de métiers est en réalité très large", assure Marilou, étudiante en bachelier en sciences psychologiques à l'ULB.

2. Avec un diplôme de psychologie, c’est le chômage assuré

Selon une étude d'Actiris en 2020, 87% des diplômés en bachelier trouvent un emploi et 79% après un master. Cependant, vu le nombre grandissant de diplômés, la demande est de plus en plus nombreuse.

"Je crois que, comme dans plein de métiers, les débuts sont difficiles. Mais il y a des possibilités d'évolution au cours de la carrière",dit Baptiste, étudiant en master de psychologie et sciences de l'éducation à l'UCLouvain.

3. Les études de psychologie, c’est facile, il suffit de savoir écouter

"Je ne trouve pas que ce soit particulièrement facile. Il y a beaucoup de matières très différentes, il faut être performant dans plein de domaines" s'amuse Marilou, "je n'ai pas du tout l'impression de me tourner les pouces." En effet, les matières enseignées en psychologie sont diverses et variées. En bachelier, on étudie les sciences psychologiques et de l'éducation, mais aussi les sciences de la vie, les outils nécessaires à la recherche scientifique, les sciences sociales. Et même l'économie et les statistiques ! C'est en master que l'on choisit sa spécialité.

"Beaucoup pensent qu'on fait cinq ans d'études pour apprendre à écouter et hocher la tête quand on nous parle. Notre métier va au-delà de l'écoute. On a eu des cours sur les pathologies, les types de personnalités", dit Chiara, étudiante à l'ULB en master en psychologie clinique et psychopathologie.

4. Les jeunes choisissent d'étudier la psycho car ils ne savent pas quoi faire

"C'est en partie pour ça, selon moi ,que nous sommes beaucoup en première année et puis les personnes se rendent compte que c'est pas si facile ou que ça ne les intéresse tout simplement pas", dit Alexia Barbier, étudiante en psychologie et sciences de l'éducation à l'UCLouvain.

"Comme ce sont des études assez globales, c'est la bonne excuse pour ceux qui savent pas quoi faire", pense Clarisse, étudiante en psychologie à l'UCLouvain. Mais pourtant, tous les étudiants interrogés s'accordent sur le fait que, la clé de la réussite, c'est choisir ces études et ce métier par passion et non par dépit.

5. Ce sont des études réservées aux filles

Effectivement, c'est un cliché qui s'avère avoir une part de vérité. Les femmes sont bel et bien majoritaires dans les amphithéâtres de psychologie. À l'ULiège, 81,3 % des étudiants inscrits en faculté de psychologie sont des femmes et 77,8% à l'UMons. Et c'est une tendance qui se vérifie aussi dans le monde du travail. En 2016, 77% des personnes qui exerçaient étaient des femmes. Mais heureusement, c'est une tendance qui est plutôt à la baisse ! Les hommes s'intéressent de plus en plus à ce domaine d'étude.

"Il est vrai qu'il y a plus de filles. Mais je connais quand même des garçons dans ma promo et ils s'en sortent très bien",dit Clara, une camarade de classe de Marilou.

6. Vous psychanalysez votre entourage

"On étudie surtout les théories cognitivo - comportementales plutôt que la psychanalyse. Mais ce sont des processus qui prennent du temps et de l'énergie, c'est impossible de faire ça sur base d'une conversation lambda avec son entourage. En plus de ça, on a des gros biais d'interprétation quand il s'agit de notre entourage donc même si on le voulait, c'est impossible d'analyser objectivement un membre de notre entourage proche" dit Audrey, étudiante en master 2 de psychologie clinique de l'enfant, l'adolescent et la famille à l'UCLouvain.

"C'est le manque de connaissance de notre métier qui induit ce genre de clichés" dit Chiara.