Variole du singe: tout ce que l'on sait actuellement sur la maladie qui est arrivée en Belgique

Trois cas ont été détectés en Belgique. Ils sont tous liés à un festival fétichiste organisé à Anvers début du mois de mai.

M.Ben (avec Marie Demaret)

Alors qu’une trentaine de cas ont été confirmés en Europe, des cas de variole du singe ont été recensés en Belgique. Selon le cabinet du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), à la date du 20 mai, trois cas ont été détectés dans notre pays. Les trois cas sont tous liés à un festival fétichiste organisé à Anvers du 4 au 9 mai dernier.

L’évolution des cas en Belgique est très étroitement suivie par les autorités. Alors que le Comité de concertation annonçait, ce vendredi, un relâchement des dernières mesures pour lutter contre la propagation du Covid, le ministre Vandenbroucke a communiqué, ce vendredi, des mesures ciblées contre la variole du singe.

Période d’incubation de 5 à 21 jours

Le Risk Management Group (RMG) du SPF Santé publique a décidé que les personnes infectées par la variole du singe doivent rester en quarantaine durant 21 jours, soit jusqu’à la fin des symptômes. La période d’incubation peut aller de 5 à 21 jours

La transmission de la variole du singe se fait par contact physique très étroit avec une personne contaminée (par les fluides corporels, entre autres) ou un contact avec des vêtements ou du linge utilisés par une personne atteinte par ce virus. La variole du singe peut être transmise par contact direct lors de rapports sexuels. Néanmoins, le risque pour la population générale est faible.

Les premiers symptômes sont la fièvre, les maux de tête, les douleurs musculaires, les douleurs dorsales, le gonflement des ganglions lymphatiques et la fatigue. Une éruption cutanée peut apparaître, souvent sur le visage, puis s’étendre au reste du corps. L’éruption change et passe par différents stades jusqu’à l’apparition d’une croûte.

La plupart des personnes guérissent en quelques semaines. À ce stade, les cas rapportés en Europe sont majoritairement bénins, et il n’y a pas de décès signalés. Toutefois, la prudence reste de mise et le cabinet du ministre de la Santé prodigue quelques recommandations. Ainsi, il est conseillé à toute personne présentant une éruption cutanée suspecte de prendre contact le plus rapidement possible avec les urgences qui orienteront éventuellement le patient vers un hôpital. Tant que la variole du singe n’est pas exclue ou que l’infection n’est pas guérie, il faut éviter tout contact rapproché avec d’autres personnes et il est recommandé de ne pas avoir de contacts sexuels.

Les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, ou les personnes qui ont des partenaires sexuels multiples, doivent être particulièrement vigilants.

Les personnes infectées devront être mises en isolement jusqu’à ce que les lésions soient guéries. Elles recevront des instructions concrètes à ce sujet du médecin traitant.

Les contacts à haut risque, tels que les cohabitants et les partenaires sexuels, sont invités à surveiller leur état pendant 21 jours pour détecter les symptômes - compte tenu de la période d’incubation - et ne doivent pas être mis en quarantaine.

Tout contact avec les femmes enceintes, les enfants et les personnes immunodéprimées doit être évité pendant cette période.

Pas comparable avec le coronavirus

Contacté, Yves Van Laethem estime que cette situation est "tout à fait étonnante". Mais l'infectiologue se veut rassurant : "Il faut vraiment un contact avec les personnes contaminées, via des lésions ou par des postillons. Mais ce n'est pas du tout le même que le coronavirus. Il faut vraiment parler avec quelqu'un en face-à-face pour qu'un risque de contamination soit pris en compte. Après le risque de contagion reste faible."

Et de conclure : "C'est beaucoup trop tôt pour penser à une pandémie et je pense que ce ne sera jamais le cas. Le risque pour la population est quasi nul. Il ne faut pas s'inquiéter mais il faut essayer de mieux comprendre ce qui se passe actuellement et surveiller la situation."