Bpost, écoles, transports en commun... Le point sur les perturbations suite à la grève du secteur public

Le point sur la situation en ce jour de grève.

La rédaction (avec Agences)

L'action nationale des syndicats aura de fortes conséquences sur le fonctionnement des services publics ce mardi. Les transports en commun, les administrations, les prisons, la collecte des déchets, la distribution du courrier, l'enseignement et les chaînes publiques seront perturbés. Le syndicat socialiste a également lancé un appel à la grève générale. Cette journée d'actions vise à dénoncer un malaise général dans le secteur public. Le front commun syndical dénonce un manque de moyens et de respect du dialogue social de la part des autorités. Les représentants des travailleurs veulent réclamer plus de pouvoir d'achat, d'investissements ainsi que le renforcement des pensions.

Les actions s'étendent à tous les services publics, fédéraux, communautaires et régionaux.

LE POINT SUR LES PERTURBATIONS DANS LES TRANSPORTS:

Sur les routes, le trafic semblait peu perturbé ce mardi matin, malgré la journée d'action nationale qui touche les services publics. Touring Mobilis relevait 327km d'embouteillages cumulés sur le réseau routier vers 08h15. De nombreux employés ont sans doute opté pour la formule du télétravail.

Aucun train ne circule à Liège, Namur et Luxembourg ; un quart des trains roule ailleurs

Sur le rail, le service alternatif de la SNCB, qui est entré en vigueur lundi à 22h00 pour la journée de grève dans le secteur public, fonctionne comme prévu, a indiqué mardi matin à Belga la porte-parole de la SNCB, Elisa Roux. Ainsi, le trafic ferroviaire est à l'arrêt dans les provinces de Liège, Namur et Luxembourg. Seul un quart des trains circule dans le reste du pays.

Bpost, écoles, transports en commun... Le point sur les perturbations suite à la grève du secteur public
©BELGA

Le service minimum a été élaboré en fonction de la présence du personnel, dans les provinces où c'était possible. Aucun train ne peut circuler dans celles de Liège, Luxembourg et Namur car les cabines de signalisation d'Infrabel sont fermées en raison du nombre insuffisant de membres du personnel. Les trains IC (reliant les grandes villes) qui traversent ces provinces sont donc également limités.

Dans le reste du pays, un train IC sur trois et un train S (offre suburbaine) ou L sur cinq sont disponibles. La plupart des trains P, qui roulent exclusivement pendant les heures de pointe du matin et du soir, ne circulent toutefois pas.

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La SNCB invite les voyageurs à consulter le service alternatif sur le planificateur de voyages, l'application ou son site web. La circulation reprendra normalement dès mercredi matin.

Le réseau des bus Tec fortement affecté

Les réseaux du Tec (le point sur les bus Tec qui circulent ou non ici) et de De Lijn sont également perturbés. "On conseille aux voyageurs de ne pas prendre le bus aujourd'hui", recommande la société régionale wallonne des transports (TEC). Dans l'immédiat, aucun chiffre n'était disponible sur le nombre de véhicules qui circulent, ainsi que sur l'ampleur des perturbations en cours sur le réseau. "Mais beaucoup de chauffeurs ont décidé de ne pas quitter leur dépôt", indique la société.

En Flandre, six trams et bus sur dix de la société de transport public De Lijn circulent en moyenne. Toutefois, ce chiffre varie légèrement selon les provinces. En Flandre occidentale et dans le Brabant flamand, par exemple, 65 % des trams et des bus sont en service, tandis qu'en Flandre orientale, à peine la moitié des bus et des trams roulent sur le réseau.

Une seule ligne de métro desservie à Bruxelles

La circulation des métros est perturbée à Bruxelles en raison de la journée d'action nationale des syndicats. Sur les quatre lignes qui quadrillent la capitale, une seule est en service, il s'agit de la ligne 1, a indiqué la Stib mardi matin via Twitter. Les trams des lignes 3, 4, 7, 8, 9, 51 et 92 circulent en ce moment sur le réseau, selon une mise à jour de la situation à 7h30. Des bus sillonnent également la capitale sur les lignes 12, 34, 46, 53, 56, 59, 65, 71, 74, 87 (prolongé jusqu'à Étangs Noirs), 88 et 95.

"Les autres lignes ne rouleront pas aujourd'hui", précise encore la société de transport en commun.

Le trafic des ferries perturbé

La circulation des ferries est interrompue depuis mardi matin en raison des actions syndicales menées en front commun à l'occasion de la grève générale dans les services publics, a rapporté l'Agence flamande des services maritimes et côtiers. Le trafic de ferries est paralysé à Ostende. "Il était censé redémarrer à 10h30, mais on ne sait pas encore si cela sera possible", a déclaré Francis Verreth de l'Agence des services maritimes et côtiers. "Le service de ferries à Anvers - entre Linkeroever et het Steen - fonctionnera jusqu'à 15h00 aujourd'hui, mais pas après."

Quant à la circulation des ferries à Langerbrugge, sur le canal de Gand-Terneuzen, elle s'arrêtera cet après-midi à 13h30. Et les bateaux assurant la liaison entre Bâle et Hemiksem (Escaut) ainsi qu'entre Kruibeke et Hoboken (Escaut) ne partiront pas avant mercredi matin.

Au moins 75 bateaux bloqués en Flandre par les fermetures d'écluse

Au moins 75 bateaux sont bloqués, en Flandre, devant une écluse fermée dans le cadre de la journée de grève dans le secteur public, indiquent les Voies hydrauliques flamandes (Vlaamse Waterweg). Quatre des six écluses situées sur le Canal Albert, qui relie les ports de Liège et d'Anvers, sont fermées en raison du mouvement de grève, ce qui bloque 65 bateaux au total aux écluses de Diepenbeek, Genk, Hasselt et Wijnegem.

Les éclusiers se croisent également les bras sur le canal Gand-Ostende et sur la partie flamande du canal Bruxelles-Charleroi. D'autres écluses sont encore fermés ci et là sur les voies hydrauliques du nord du pays.

La journée de grève engendrait également des perturbations de la navigation aux alentours du port d'Anvers-Bruges.

LES AUTRES PERTURBATIONS

Peu de profs grévistes, mais les écoles surtout affectées par l'absence de bus et trains

Le mouvement de grève dans les services publics semblait assez peu suivi dans les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, manifestement davantage impactées par l'absence de transport en commun que par un débrayage des personnels enseignants. "Le suivi (du mot d'ordre de grève) semble assez limité. Toutes les écoles sont ouvertes", commentait ainsi mardi Géraldine Kamps, porte-parole du réseau d'enseignement public Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE).

Pour le réseau catholique, qui scolarise un enfant sur deux en FWB, le constat était similaire.

"Le secteur de l'enseignement est principalement affecté par la grève qui touche les transports en commun et qui est elle-même suivie de manière variable selon les sous-régions", analyse Etienne Michel, le directeur du secrétariat général de l'enseignement catholique (SeGEC).

"La situation dans les écoles est donc, selon les situations, surtout caractérisée par certains élèves ou enseignants qui n'ont pas pu rejoindre leur école", confie-t-il.

Interrogé mardi, Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement reconnaissait qu'il était difficile pour les syndicats de faire un bilan du mouvement de grève dans les 3.000 implantations scolaires que compte la Wallonie et de Bruxelles. Des données chiffrées sur la participation ne seront pas disponibles avant un mois.

"Ce que l'on peut dire, c'est que les écoles fonctionnent au ralenti à cause de l'absence de bus et de trains, ainsi que enseignants grévistes à certains endroits".

Comme de coutume lors de mouvements sociaux, les écoles sont tenues d'organiser des garderies en cas de grève de leurs enseignants ce mardi.

Les services de bpost perturbés, principalement en Wallonie

L'entreprise postale bpost est perturbée mardi en raison de la journée d'action nationale dans les services publics. Une partie du courrier ne peut ainsi pas être distribuée, essentiellement en Wallonie et plus précisément dans les régions de Liège et de Charleroi où des piquets ont été installés, a expliqué une porte-parole. Les centres de tri sont également touchés par la grève, ce qui fait que les perturbations pourraient encore durer les prochains jours, précise bpost.

"Environ 70% des tournées de journaux ont été assurées" en Wallonie, détaille une porte-parole de bpost. "Pour le courrier, cela tourne autour de 60% mais dans la région de Liège la proportion est bien plus basse", a-t-elle ajouté. En Flandre, par contre, 90% des tournées sont effectuées.

Certains bureaux de poste ont également fermé leurs portes mardi, environ 60% à l'échelle de la Belgique. Ce pourcentage cache toutefois une forte disparité régionale alors que seuls 35% des bureaux bruxellois sont ouverts et jusqu'à 96% des bureaux sont ouverts en Flandre.

La journée d'action nationale risque d'avoir encore des conséquences mercredi, alors qu'il y a "une volonté claire d'agir dans les centres de tri", a souligné la porte-parole. "Toutes les lettres et tous les colis n'arriveront donc pas dans les bureaux de distribution. La livraison de courrier et de colis pourra encore être impactée les prochains jours, même si nous essayons de limiter cela autant que possible." Ce sont les régions de Liège et de Charleroi qui risquent d'être les plus touchées.

Les services de Bruxelles-Propreté fortement perturbés

Les services de Bruxelles-Propreté sont également fortement perturbés mardi en raison de la grève nationale du secteur public. Le ramassage des poubelles n'est que partiellement assuré dans la plupart des communes bruxelloises. Les recyparcs sont en revanche majoritairement ouverts. Concrètement, le ramassage des sacs blanc est a moitié assuré dans les communes d'Anderlecht, de Berchem-Sainte-Agathe, de Woluwe-Saint-Pierre et à Schaarbeek, dans les rues mitoyennes à Woluwe-Saint-Lambert. Il est mieux effectué à Bruxelles Haren avec seulement 20% de sacs non collectés, à Molenbeek (30%) et à Woluwe-Saint-Lambert (40%). Evere, Ganshoren et Jette sont en revanche très touchées par la grève avec respectivement 80, 70 et 60% de sacs non collectés. À Etterbeek et Auderghem, les poubelles ne sont pas du tout ramassées dans les rues mitoyennes à Woluwe-Saint-Pierre.

En ce qui concerne les sacs bleus, le ramassage est encore plus perturbé et atteint les 90% de sacs non collectés dans toutes les communes sauf à Anderlecht où il avoisine les 70%.

Les enlèvements d'encombrants ont en revanche tous été effectués et les recyparcs sont ouverts à l'exception notable de celui de Woluwe-Saint-Pierre

Bruxelles-Propreté invite les riverains dont les poubelles n'auraient pas été ramassées à rentrer leurs déchets jusqu'à la collecte suivante.

La grève fortement suivie par le personnel des prisons

Le personnel des prisons a massivement pris part à la journée d'action nationale de mardi, rapporte les syndicats des services pénitentiaires. "Près des trois quarts de notre personnel participe à la journée d'action", déclare Robby De Kaey de la CGSP-Justice. "À certains endroits, il y en a même plus." Secrétaire permanent SLFP, Eddy De Smedt souligne lui aussi un grand taux de participation à la grève nationale. "On constate clairement que l'action est bien suivie."

Cette journée d'action est fortement suivie dans les prisons où il y a un manque de personnel assez important. C'est le cas à Bruges, Dendermonde ou encore Malines, mais aussi à Merksplas, où un piquet de grève a également été installé. Cependant, c'est aussi le cas dans les prisons bruxelloises, précise M. De Smedt.

Du côté de la direction générale des Établissements pénitentiaires (EPI), on accueille cette grève beaucoup moins bien. "C'est grave", réagit kathleen Van De Vijver, porte-parole de l'EPI. "Car on peut voir qu'il y a moins de personnel présent dans les prisons que ce qu'il faut pour assurer le service minimum." C'est pourquoi des agents de police ont dû être envoyés en renfort dans certains endroits.

Les prisons essaient donc d'assurer les services de base, mais dans plusieurs établissements, les détenus ressentiront les conséquences de la grève. Par exemple, seuls les prisonniers de l'établissement pénitentiaire de Dendermonde, de la prison centrale de Louvain et de celle de Malines auront droit à une promenade mardi. Il n'est, par contre, toujours pas possible de recevoir des visiteurs.

Concrètement, les syndicats demandent une augmentation des grilles salariales. Rien ne s'est passé en ce sens depuis 20 ans, a ajouté Eddy De Smedt sur Radio 1. Les syndicats espèrent maintenant de nouvelles consultations.

"Le succès de l'action nous pousse à être optimistes. Maintenant, nous devons attendre la réaction de la ministre", conclut par ailleurs Robby De Kaey.

Les programmes de la RTBF peu affectés par la grève, soutien des syndicats à la VRT

L'information à la RTBF est aujourd'hui assurée a minima, a indiqué à Belga la porte-parole de la chaîne de service public, alors qu'ont lieu ce mardi des actions de grève aux quatre coins du pays. La RTBF est tenue d'assurer un certain nombre de programmes, dont les bulletins d'information générale, précise Axelle Pollet. Pour ce faire, 230 personnes ont été réquisitionnées sur un total de 1.970 équivalents temps-plein (ETP). En radio, un certain décalage est toutefois possible afin d'informer sur les actions syndicales en cours tandis qu'un bandeau devrait alerter, lors des journaux télévisés, sur la journée de grève nationale dans les services publics. Le concours musical Reine Elisabeth sera par ailleurs bien diffusé.

Le programme des autres émissions de la journée pourrait toutefois être quelque peu perturbé, avertit la directrice de la communication.

Des piquets de grève ont été installés sur les différents sites régionaux de la RTBF, précisément à Mons, Charleroi, Namur et Liège. A Bruxelles, une grève massive est en cours en front commun syndical, en soutien à la VRT, indique Bernard Gabus, président de l'Interrégionale wallonne de la CGSP à la RTBF.

Un plan de transformation a été annoncé en avril dernier dans le service public flamand, qui se traduirait par le licenciement de plus de 100 personnes et le non-remplacement de 50 départs à la retraite. Les syndicats flamands, réunis mardi en front commun au boulevard Reyers, demandent au gouvernement flamand de reconnaitre la valeur de la chaîne de radio-télévision flamande et d'indexer son budget. "Cessons de démolir la VRT", pouvait-on lire sur un des étendards à un piquet de grève à l'entrée de la VRT.

"Le gouvernement flamand doit intervenir. Nous devons être correctement subventionnés. Je constate que la Fédération Wallonie-Bruxelles investit, elle, dans la RTBF. Probablement parce que le gouvernement de la communauté française reconnaît la valeur des choses et pas seulement leur coût", a déclaré Mike Barlow, président de VSOA-VRT (SLFP).

"Un parti d'extrême-droite et un parti nationaliste au gouvernement de la communauté flamande se sont ligués, déterminés à saper le service public et la culture. Il existe pourtant une loi qui protège les institutions publiques et son personnel de cette idéologique anti-démocratique, qui garantit aux services leur continuité, leur indépendance, et leur neutralité", commente la CGSP dans un communiqué. "La situation actuelle de la VRT pourrait être celle de la RTBF dans quelques années, si nous nous dirigeons comme nos collègues flamands, vers l'extinction du statut à la RTBF", poursuit le syndicat socialiste.

"Cette grève est un signal fort envers nos responsables politiques pour exiger que le financement massif et inconditionnel dans les services publics soit une priorité, hier, aujourd'hui et demain", conclut-il.

Les zones de secours limitées dans leurs actions de grève

Les zones de secours du pays mènent ci et là quelques actions sporadiques dans le cadre de la grève générale dans les services publics mais continuent à assurer les premiers secours, que ce soit en ce qui concerne l'aide médicale urgente ou les interventions en cas d'incendie. "La grève est chez nous l'arme ultime, on ne veut pas prendre la population en otage", indique d'emblée à Belga Peter Vandenbercke, ambulancier à l'intercommunale de Liège et environs et dirigeant responsable du SLFP. "On fait donc les inventaires des véhicules et on assure les départs urgents. Pour le reste, on se croise les bras", ajoute-t-il.

Une action symbolique est toutefois prévue dans les différentes casernes du pays. "Les camions vont sortir à la même heure, toutes sirènes hurlantes, afin de faire entendre notre mécontentement", illustre M. Vandenbercke.

Dernièrement, les mouvements de contestation au sein des zones de secours ont été tués dans l'oeuf alors qu'un conflit social, qui a pris une dimension judiciaire, oppose plusieurs pompiers à la direction de l'Intercommunale d'incendie de Liège et environs (IILE). Des sanctions disciplinaires et des retenues sur salaire ont notamment été imposées à un nombre important d'agents grévistes. "Parmi eux, 280 ont saisi le tribunal du travail qui s'est prononcé en leur faveur et a condamné l'IILE, qui s'est immédiatement pourvue en Cassation", explique M. Vandenbercke

"Certaines autorités supra-communales ne nous laissent pas la possibilité de faire grève de façon ludique", épingle le dirigeant responsable du SLFP, amer. "Nous avons affaire à un management pathogène qui risque de faire beaucoup de dégâts pour le service à la population", regrette-t-il.

Le personnel des zones de secours, qui s'est retrouvé en première ligne face à la pandémie de coronavirus et aux inondations de juillet 2021, déplore encore le manque de considération de la part de la ministre fédérale de l'Intérieur, Annelies Verlinden. "On est complètement ignorés. On se demande même si elle sait qu'elle a les zones de secours dans ses compétences", soupire Eric Labourdette, dirigeant responsable pour le SLFP.

Des négociations avec la ministre sont prévues les 16 et 22 juin prochains, selon le syndicat libre de la fonction publique.

"Si elles échouent, des actions intra-professionnelles plus musclées vont être menées", prévient le SLFP, qui met en garde contre un mouvement de grogne "qui prend de l'ampleur au sein des sapeurs-pompiers". "On pourrait notamment envahir en nombre la zone neutre à Bruxelles", suggère Eric Labourdette. "On a déposé plusieurs points en négociation et aucun n'a été examiné. La ministre n'écoute que les commandants de zone et ne donne rien au cadre inférieur, qui a les pieds dans la boue. Or, le gâteau doit être partagé en parts égales", conclut-il.

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