L’alcool sous haute surveillance chez les scouts

Une concertation a eu lieu vendredi après la décision de quatre communes d’interdire l’alcool durant les camps.

L.D. (st.)
L’alcool sous haute surveillance chez les scouts
©Jean-Luc Flémal

Les décapsuleurs seront inutiles lors des camps scouts qui ont commencé vendredi dans quatre communes wallonnes. La consommation d’alcool y restera interdite, mais les animateurs ne seront pas "fliqués", et un effort supplémentaire de sensibilisation va être fourni, est-il ressorti d’une réunion de concertation organisée vendredi entre les autorités locales, les ministres concernés et les représentants des mouvements de jeunesse.

À la mi-juin, les communes de Chiny, Florenville et Bouillon, situées en province du Luxembourg, ainsi que la commune d’Andenne, en province de Namur, avaient adopté un règlement interdisant toute présence d’alcool et de produits stupéfiants dans les camps se déroulant sur leur territoire. Selon elles, une consommation excessive aurait mené à plusieurs incidents par le passé. Une centaine de camps seraient concernés par la disposition parmi les 2 433 camps organisés en Belgique cet été.

Face au tollé provoqué par cette décision, le gouverneur de la province de Luxembourg, Olivier Schmitz, avait proposé d’organiser une réunion de concertation. Celle-ci a rassemblé vendredi les ministres francophone et néerlandophone de la Jeunesse, Valérie Glatigny (MR) et Benjamin Dalle (CD&V), le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Christophe Collignon (PS), les bourgmestres des trois communes luxembourgeoises, ainsi que les représentants des fédérations des mouvements de jeunesse.

Des outils de sensibilisation

L’objectif était d’établir un état des lieux des désagréments causés par les camps en province Luxembourgeoise. Selon les services de police, 14 incidents liés à la consommation d’alcool avaient été recensés en 2021 sur 1 084 camps (et 25 incidents en 2020 sur 1 135 camps). Les fédérations ont exposé les mesures mises en place pour assurer un meilleur encadrement de la consommation d’alcool et la sécurité des membres des mouvements jeunesse.

À l’issue de la réunion, les participants ont jugé l’attitude constructive. Ils ont décidé de mettre sur pied un groupe de travail qui collaborera avec les fédérations pour élaborer de nouveaux outils de sensibilisation là où ce sera nécessaire. La charte des camps sera aussi actualisée lors de la première conférence interministérielle Jeunesse, rassemblant les ministres compétents.

Si l’interdiction restera d’application dans les quatre communes, les bourgmestres ont laissé entendre que les contrôles ne seraient organisés qu’en cas d’excès et ne seraient pas systématisés.

Pour le ministre Dalle, qui avait qualifié l'interdiction de "disproportionnée", la problématique sera ainsi gérée "de manière rationnelle". Même son de cloche du côté des bourgmestres. Pour Caroline Godfrin, de Florenville, "la réunion a permis d'ouvrir le débat et de réaliser que nous avions les mêmes objectifs, malgré des manières de faire différentes".

Les fédérations sont aussi ressorties satisfaites. Selon les Guides catholiques de Belgique, "c'était une bonne chose de réunir tous les acteurs. Nous avons pu être entendus positivement par des communes qui ne connaissent pas les mêmes réalités que nous. Cela a permis d'apaiser les choses et de donner des perspectives".