Covid en Belgique : faut-il s'inquiéter de la hausse des contaminations au sous-variant BA.5 ?

En ce début d’été, les contaminations et les hospitalisations quotidiennes liées au Covid-19 sont en forte hausse. Face à la recrudescence des cas, de nombreuses questions se posent autour du BA.5, ainsi que ses répercussions sur la situation sanitaire. Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral Covid-19, apporte quelques précisons à ce sujet.

Ségolène Misselyn
Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral Covid-19
Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral Covid-19 ©Eric Guidicelli

Dans le courant du mois d'avril, le BA.5, originaire d'Afrique du Sud et nouveau sous-variant du Covid-19, a fait son apparition en Europe. "Si ce nouveau sous-variant est caractérisé par sa forte transmissibilité, c'est son identification qui est particulièrement complexe", annonce Yves Van Laethem. En effet, le porte-parole interfédéral Covid-19 explique que "ce sous-variant est la cinquième lignée descendante du variant Omicron et que son évolution antigénique induit une moins bonne capacité pour le corps à l'identifier. Il échappe ainsi à nos anticorps et devient donc difficile à éliminer. C'est ce qu'on appelle un échappement immunitaire. Cela signifie que des personnes qui ont déjà reçu une ou plusieurs doses de vaccins ou qui ont déjà contracté le virus sont susceptibles d'être infectées à nouveau." L'infectiologue insiste sur le fait que la meilleure résistance du BA.5 s'explique également par le relâchement des gestes barrières ainsi que des mesures sanitaires.

Si ce nouveau sous-variant inquiète par sa forte capacité de contagion ainsi que sa résistance aux anticorps, les symptômes qu’il provoque restent globalement similaires à ceux des autres sous-variants. "Comme les sous-variants BA.1 et BA.2, le BA.5 s'attaque principalement aux voies respiratoires supérieures et provoque donc des symptômes tels que des maux de gorge, des éternuements ou encore des écoulement du nez. Il s'attaque rarement aux voies respiratoires inférieures, ce qui limite drastiquement les risques de pneumonie." Le spécialiste précise également que "le virus subsiste entre 7 et 10 jours dans l'organisme et qu'il peut s'accompagner d'autres signes cliniques comme une diminution de l’appétit, des douleurs musculaires, des maux de tête ou encore une fatigue chronique."

Au-delà de susciter certaines inquiétudes concernant l'évolution de sa propagation, le développement du sous-variant BA.5 favorise l'apparition de nouveaux vaccins. "Des laboratoires pharmaceutiques tels que Moderna et Pfizer ont décidé de développer de nouveaux vaccins plus adaptés à ces souches inédites. Dans les mois à venir, il devrait y avoir deux vagues de vaccins. Une première production devrait être mise sur le marché pour la rentrée scolaire mais uniquement pour le sous-variant BA.1. ; tandis qu'une autre devrait voir le jour au début du mois de décembre pour les variants BA.4 et BA.5." ,explique Yves Van Laethem. Il précise qu'"en attendant la commercialisation de ces nouvelles générations de vaccins, une quatrième dose de rappel sera recommandée par les autorités au début de l'automne et plus spécifiquement pour les personnes les vulnérables". Une réunion de la Conférence interministérielle (CIM) Santé publique est prévue ce mercredi 6 juillet et donnera davantage d'explications à ce sujet.

Covid en Belgique : faut-il s'inquiéter de la hausse des contaminations au sous-variant BA.5 ?
©AFP Frederic J. Brown

Bien que la situation ne soit pas encore trop alarmante, Yves Van Laethem rappelle que "les chiffres sont en hausse et qu'aucun renforcement des mesures sanitaires n'a encore été décidé à ce jour." Conscient que la période estivale rime généralement avec festivals et autres activités en grand nombre, le porte -parole interfédéral appelle les personnes les plus vulnérables à ne pas prendre de risques inutiles et à rester attentives aux messages de sensibilisation des autorités sanitaires. Ainsi, bien que le port du masque et la présentation du Covid Safe ticket ne soient plus d'actualité, la situation requiert une certaine vigilance de la part des citoyens.

L'infectiologue se veut cependant rassurant en mentionnant le fait qu'aucun autre sous-variant ne semble apparaître pour le moment.