Fermeture d'un centre d’accueil pour Mena à Bruxelles : "L’hébergement n’est pas le rôle de MSF"

À Bruxelles, le centre d’accueil pour mineurs non accompagnés va fermer.

L. Del. (st.)
Fermeture d'un centre d’accueil pour Mena à Bruxelles : "L’hébergement n’est pas le rôle de MSF"
©BELGA

Le centre d’accueil pour mineurs étrangers non accompagnés (Mena) de Médecins sans frontières devra fermer ses portes le 15 juillet, faute d’accord sur une potentielle reprise par les pouvoirs publics.

Le centre avait ouvert en octobre dernier à Bruxelles, face à l’augmentation du nombre de mineurs en transit sans solution d’hébergement. Le but était de créer une structure permettant de les accompagner pendant la période hivernale. Avec une capacité de 80 places, le centre a accueilli 270 adolescents de 13 à 17 ans au cours de ses dix mois d’existence.

Les jeunes arrivaient souvent dans un piètre état. La moitié d’entre eux présentaient des traces de violences physiques. Certains souffraient de la gale ou de la tuberculose et leur santé mentale était impactée. L’aspect médical a donc joué un rôle important dans leur accompagnement. Une aide sociolégale leur a aussi été offerte, afin de les informer sur leurs droits et les options qui s’offraient à eux en Belgique.

La plupart des jeunes migrants sont originaires de la Corne de l'Afrique. Ils transitent par Bruxelles, avant de tenter la traversée vers leur destination finale, le Royaume-Uni. Comme ils n'introduisent pas de demande d'asile en Belgique, ils n'ont pas la possibilité d'intégrer les structures institutionnelles de l'agence Fedasil. "Ces jeunes se retrouvent invisibilisés et livrés à eux-mêmes, souligne David Vogel, le responsable adjoint des projets de MSF en Belgique. La création du centre a permis de faire connaître leur situation."

Malgré le fait que l'utilité de la structure ait été unanimement reconnue, l'association a pris la décision de la fermer. "Nous avons choisi de maintenir le centre ouvert pendant quelques mois après la fin de l'hiver pour éviter d'aggraver la crise de l'asile actuelle, explique le responsable du projet. Mais MSF est une association humanitaire. Ce n'est pas notre rôle de gérer les questions d'hébergementn mais celui du gouvernement." Au cours des prochaines semaines, les jeunes accueillis dans le centre seront répartis au sein d'autres associations actives dans le domaine de la migration.

Selon la secrétaire d’État à la Migration, Nicole De Moor (CD&V), la volonté est de poursuivre l’accueil des mineurs non accompagnés en collaboration avec la société civile. Mais, d’après David Vogel, aucun engagement concret n’a encore été donné par le gouvernement pour la reprise du projet.