Asile et migration: le Commissariat général a enregistré près de 3.000 demandeurs d'asile en juin

Au mois de juin, le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides a enregistré 2.945 demandeurs de protection internationale.

Asile et migration: le Commissariat général a enregistré près de 3.000 demandeurs d'asile en juin
©PHOTONEWS

Cela concerne principalement des personnes originaires d'Afghanistan, de Palestine et de Syrie. Avec 2.936 demandeurs d'asile en juin, auxquels il faut ajouter 9 réinstallations, le CGRA a été sollicité de manière bien plus importante qu'en juin 2021 où ils étaient 1.948.

Le mois dernier, le Commissariat général a rendu 2.287 décisions concernant 2.860 personnes. Le taux de protection a atteint 44 %. Le CGRA voit son arriéré croître: il est passé de 12.004 dossiers en juin 2021 à 13.112 dossiers en juin 2022.

Le cabinet de la secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Nicole de Moor (CD&V) a souligné que la Belgique n'est pas la seule dans le cas: on observe davantage d'arrivées dans toute l'Union européenne.

Mme De Moor, qui avait précédemment appelé le CGRA à augmenter le nombre de décisions prises, s'est félicitée que le Commissariat général a pris 1.000 décisions de plus en juin que le mois précédent.

Une diminution des régularisations de 35% en 2021: Myria demande de la clarté

Alors que le nombre de personnes régularisées a diminué de 35% en 2021, le nombre de demandes d'asile suit une tendance à la hausse (+38% en 2021), ressort-il du rapport "La migration en chiffres et en droits 2022" publié lundi par le Centre fédéral Migration (Myria). "Le besoin de plus de transparence demeure", indique Myria, "pour éviter toute apparence d'arbitraire de la part du gouvernement belge". Au total, 2.269 personnes ont reçu une décision négative et 2.265 une réponse positive en 2021.

Dans son rapport annuel "La migration en chiffres et en droits 2022", Myria souligne une diminution des dossiers acceptés: -35% par rapport à 2020 alors que 5.030 demandes de régularisations humanitaires ont été déposées en 2021, soit 38% de plus qu'en 2020.

Myria épingle lundi le pouvoir discrétionnaire de l'Office des Étrangers lorsqu'il s'agit des régularisations humanitaires. "Pour les bénévoles de terrain, il est très difficile de donner aux demandeurs une idée correcte de leurs chances de réussite", a estimé l'organisme public qui défend les droits des étrangers.

Le cadre juridique des demandes humanitaires, conférant au Secrétaire d'État et à son administration un large pouvoir d'appréciation dans l'évaluation des dossiers de régularisation, ne serait pas suffisamment adapté, selon Myria qui insiste sur "la nécessité d'une communication claire et rassurante des autorités sur la politique menée".

Myria a également recommandé de prévoir "un régime de séjour distinct pour certaines situations et pour les soustraire au large pouvoir d'appréciation": les parents d'enfants mineurs de pays tiers ayant un droit de séjour en Belgique, les personnes non éloignables,...

"Une telle approche permettra d'augmenter la sécurité juridique et la clarté de la politique de régularisation en général", a déclaré Myria qui réclame "une communication plus rassurante sur le cadre de référence utilisé", notamment "pour éviter toute apparence d'arbitraire de la part du gouvernement."

Le Centre fédéral Migration met chaque année les politiques de régularisation humanitaire et médicale en lumière. Il fournit une analyse détaillée des chiffres, de la législation et de la politique en la matière.