Une nouvelle étude montre l'importance de maîtriser le néerlandais à Bruxelles : voici les secteurs professionnels les plus concernés

Un niveau intermédiaire (A2) est déjà associé à une plus forte probabilité (17 %) de trouver un emploi par rapport au niveau A1 (niveau introductif).

Une nouvelle étude montre l'importance de maîtriser le néerlandais à Bruxelles : voici les secteurs professionnels les plus concernés
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Un niveau intermédiaire en néerlandais augmente déjà de manière significative les chances des Bruxellois de trouver du travail. C’est l’une des conclusions d’une nouvelle étude de l’Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse (IBSA) de perspective.brussels et du Bureau fédéral du Plan sur base de données récoltées auprès d’Actiris.

Le gouvernement bruxellois a annoncé qu’il allait consacrer 30 millions d’euros de son budget lié au plan de relance à l’amélioration des compétences numériques et linguistiques des chercheurs d’emploi. Dans ce contexte, les auteurs de l’étude estiment pertinent d’analyser si la connaissance du néerlandais est un facteur important pour les chercheurs d’emploi francophones en Région bruxelloise.

Seuls 8 % des jeunes de moins de 30 ans ayant fréquenté une école francophone de la Région bruxelloise considèrent maîtriser le néerlandais

Selon le baromètre linguistique de la VUB, en 2018, seuls 8 % des jeunes de moins de 30 ans ayant fréquenté une école francophone de la Région bruxelloise considèrent maîtriser le néerlandais.

Pourtant, la connaissance du néerlandais semble être un critère important pour les employeurs dans leur politique de recrutement puisqu’en 2019, près de la moitié des offres d’emploi reçues et publiées par Actiris affichait explicitement des exigences à la fois en français et en néerlandais.

En effet, si la Région de Bruxelles-Capitale (RBC) devient de plus en plus multilingue, l’étude constate pour les francophones une corrélation entre la maîtrise du néerlandais et l’obtention d’un emploi.

Un niveau intermédiaire (A2) est déjà associé à une plus forte probabilité (17 %) de trouver un emploi par rapport au niveau A1 (niveau introductif). De plus, tout passage à un niveau de connaissance supérieur augmente chaque fois cette probabilité.

Ainsi, avoir un niveau B1 (niveau seuil) ou B2 (niveau avancé) augmente respectivement de 5 % et 20 % les chances de trouver un emploi par rapport au niveau A2. Avoir un niveau C augmente très fortement les chances d’insertion professionnelle, de 29 % pour le niveau C1 par rapport au niveau A2 et de 48 % pour le C2 toujours par rapport au niveau A2.

Cette connaissance du néerlandais peut donc permettre de trouver un emploi en Région bruxelloise mais aussi d’aller travailler en Flandre, voire en Wallonie.

Les auteurs en concluent que plus le niveau de connaissance du néerlandais est élevé, plus la probabilité de trouver un emploi est importante.

Cela vaut pour tous les niveaux d’étude.

Utile surtout dans la vente, la sécurité et l'administration publique

Les résultats estimés montrent toutefois que le néerlandais est plus important dans certains secteurs que dans d’autres.

C’est le cas en particulier dans la vente, la sécurité et l’administration publique.

La connaissance du néerlandais semble en revanche moins importante dans les secteurs du textile et de l’Horeca.

En Région bruxelloise, les femmes chercheuses d’emploi profitent encore plus que les chercheurs d’emploi d’une connaissance moyenne ou élevée du néerlandais. Et ce, alors que le niveau de connaissance du néerlandais est assez similaire pour les femmes et pour les hommes. En revanche, de grandes disparités en termes de connaissance du néerlandais sont visibles par niveau d’études.

Cet effet de genre peut s’expliquer, au moins en partie, par le fait que les femmes cherchent plus souvent un emploi dans des domaines professionnels où la connaissance du néerlandais est mieux valorisée, comme l’administration publique ou la vente.

Les chercheurs d’emploi habitant dans un quartier du croissant pauvre de Bruxelles profitent quant à eux plus que les autres d’une connaissance moyenne du néerlandais.

Ces résultats sont obtenus grâce à la base de données d’Actiris qui a été utilisée pour analyser le lien entre la maîtrise du néerlandais et l’insertion professionnelle. L’évaluation du niveau de connaissance de la langue repose sur l’appréciation personnelle du chercheur d’emploi et l’étude se limite aux chercheurs d’emploi de nationalité belge.

Parmi l’ensemble des chercheurs d’emploi bruxellois de nationalité belge et avec un dossier d’inscription chez Actiris en français, deux sur trois ont un niveau de connaissance en néerlandais introductif A1 ou un niveau intermédiaire A2 à l’oral. Seuls 18,7 % des demandeurs d’emploi annoncent avoir un niveau de connaissance du néerlandais au moins égal au niveau B2 (niveau avancé).

"La langue est un levier pour trouver du travail"

Selon l’auteur du Focus, Antoine Dewatripont, “la langue est un levier pour trouver du travail, et encore plus pour certains groupes-cibles. Les résultats de l’étude peuvent aider les autorités politiques en Région bruxelloise, si elles décident de concentrer leurs moyens budgétaires sur des groupes spécifiques, à identifier ceux qui profitent le plus d’une connaissance du néerlandais.”