Les demandes de visas long séjour ont fortement augmenté l'an dernier

Le centre fédéral Migration voit dans cette hausse un "phénomène de rattrapage" après la pandémie.

Les demandes de visas long séjour ont fortement augmenté l'an dernier
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Les demandes de visas long séjour ont fortement augmenté en 2021, observe Myria dans son rapport annuel consacré à l'Accès au territoire, publié mardi. Les chiffres ont en effet atteint l'an dernier des valeurs plus élevées qu'avant la crise sanitaire. En 2021, 46.739 demandes de visas long séjour, c'est-à-dire pour une durée de plus de 90 jours, ont été introduites. Il s'agit de 38% de plus qu'en 2020, qui était une année au nombre de demandes exceptionnellement bas, et 13% de plus qu'en 2019. Au total, 35.606 visas long séjour ont été délivrés, dont un peu moins de la moitié pour des migrations familiales.

"La proportion de refus des visas long séjour varie fortement selon le motif de délivrance du visa, par exemple 2% pour les migrations économiques contre 21% pour les migrations familiales ou 25% pour les migrations humanitaires", analyse Myria.

En 2021, la majorité des visas long (D) séjour ont été délivrés pour des migrations familiales (43%), en hausse de 30% par rapport à 2020. Ils ont été accordés en majorité à des Marocains (12%), des Indiens (10%), des Syriens (7%) et des Afghans (7%). Les migrations étudiantes représentent, quant à elles, le 2e motif de délivrance de visas long séjour. Ce sont principalement les Camerounais (14%), les Chinois (11%) et les Marocains (10%) qui en ont bénéficié. Viennent ensuite les visas pour migrations économiques: près d'un cinquième de ce type de visas a été délivré à des Indiens (24%), loin devant les Turcs (12%), les Marocains (5%) et les Japonais (5%). Enfin, plus de la moitié (55%) des visas humanitaires long séjour ont été accordés à des Syriens tandis qu'un peu plus d'un quart (27%) ont été concédés à des Afghans.

Les effets de la pandémie et des restrictions de voyage se reflètent également sur les demandes de visas court séjour, qui ont, elles, en revanche, nettement diminué l'an dernier. Ainsi, 56.710 demandes ont été introduites en 2021. C'est 11% de moins qu'en 2020 et 78% de moins qu'en 2019, avant la pandémie. En 2021, un total de 40.197 visas court séjour ont été accordés. Ce sont ceux consentis dans le cadre du tourisme qui ont le plus chuté (69.953 en 2019 contre 5.633 en 2021).

À noter que les mouvements migratoires sur le territoire de l'UE provoqués par l'invasion de l'Ukraine par la Russie il y a plus de six mois n'ont pas été analysés dans ce volet du rapport annuel dédié à l'Accès au territoire.

Pour conclure, Myria signale certaines imprécisions dans le contrôle aux frontières des personnes munies d'un visa long séjour en Belgique. "A leur arrivée sur le sol belge par un poste frontière Schengen, les ressortissants de pays tiers sont soumis à un contrôle. À la suite de celui-ci, il est possible qu'une décision de refus d'accès au territoire et de refoulement soit prise, même pour les personnes qui ont un visa long séjour ou un titre de séjour", pointe l'institution publique indépendante.

Myria recommande dès lors de modifier la législation afin qu'un refus d'entrée ne soit possible à la frontière pour les titulaires d'un visa long séjour qu'en cas de danger pour l'ordre public, de fraude manifeste du titulaire du visa ou de défaut des conditions du séjour en raison de nouveaux éléments intervenus depuis l'octroi. Le centre fédéral Migration demande par ailleurs de limiter aux situations exceptionnelles les possibilités d'annulation ou d'abrogation d'un visa long séjour, en se limitant aux cas où de nouveaux éléments manifestes remettant en cause l'octroi du visa, de fraude ou d'abus manifestes.