Durant l'inflation, les épiceries solidaires aident les étudiants à se nourrir à moindre coût

Chaque semaine, des centaines d'étudiantes et étudiants bénéficient de l'aide des épiceries solidaires.

Durant l'inflation, les épiceries solidaires aident les étudiants à se nourrir à moindre coût
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Alors que l'inflation a atteint 10% en août en Belgique - un record depuis 1976 -, les épiceries solidaires à destination des étudiants, elles, luttent coûte que coûte pour maintenir leurs prix démocratiques. Leur but : continuer à proposer des produits alimentaires de qualité aux étudiants qui viennent les voir. Pour moins de 5 euros ou parfois même gratuitement, les jeunes qui en ont besoin peuvent venir récupérer des produits frais et/ou non périssables. Chaque semaine, des centaines d'étudiantes et étudiants bénéficient de l'aide des épiceries solidaires.

Des courses gratuites ou à prix cassés

Rappelons que les épiceries solidaires fonctionnent sur base de dons de la banque alimentaire, du Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD) ou d'invendus des magasins. Parfois les trois. "Il n'est donc pas question de revendre ce qu'on nous donne", explique Isabelle Jardon, coordinatrice du Kotidien qui s'adresse aux étudiants faisant partie d'un établissement d'enseignement supérieur en province de Liège et du Luxembourg. Le Kotidien et l'épicerie solidaire rue des Bruyères à Louvain-la-Neuve, entre autres, proposent donc des paniers gratuits à destination des étudiants qui remplissent les conditions demandées: déclaration sur l'honneur pour le premier, être envoyé par le service d'aide de l'UCLouvain pour le deuxième.

S'ils le veulent, les jeunes peuvent compléter ce panier gratuit en achetant d'autres produits présents dans l'épicerie, à très bas prix par rapport à ceux pratiqués en grande surface. Ces produits sont achetés par les épiceries elles-mêmes afin de compléter l'offre disponible. Ils sont revendus aux étudiants au quart ou à moitié prix. La différence est prise en charge par les établissements d'enseignement supérieur et/ou les Fonds partenaires. "Pour 4-5 euros, les étudiants peuvent en moyenne acheter 10 produits supplémentaires", résume Isabelle Jardon du Kotidien. "Les prix n'ont donc pas augmenté chez nous." Nicole Ternest, volontaire à la Croix-Rouge qui est active dans l'épicerie de Louvain-la-Neuve, dit la même chose. "Les prix de certains produits ont un tout petit peu augmenté, mais d'autres ont baissé. Globalement, les étudiants peuvent donc repartir avec les mêmes produits complémentaires qu'avant pour le même budget. Mais ils ne sont jamais obligés d'acheter, ils peuvent aussi repartir avec un panier de produits totalement gratuit."

Durant l'inflation, les épiceries solidaires aident les étudiants à se nourrir à moindre coût
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Du côté de l'Association pour la solidarité étudiante en Belgique (ASEB), qui gère sept épiceries solidaires (Saint-Louis, Erasme, Alma, Remblai, Solbosch, Namur et CERIA), le fonctionnement est un peu différent. Tous les étudiants qui y viennent doivent payer 4 euros. Pour ce prix, ils peuvent repartir avec un panier de courses pour toute la semaine. Les seules conditions? Montrer sa carte étudiant et réserver son panier via l'application "Au p'tit panier". Ce panier est composé de dons mais aussi de produits achetés par l'ASEB. "Il y a quelques mois, la question s'est posée de savoir si on allait augmenter nos prix ou pas", nous confie Victor Licata, chargé opérationnel à l'ASEB. "En mars-avril, on a reçu moins d'invendus de la part des magasins, donc on a dû se fournir davantage chez des grossistes et les payer pour compléter ce qu'il manquait. Cela a été très compliqué. Nous avons aussi trois camionnettes qui circulent en permanence pour acheminer les denrées, et vu l'augmentation du prix du carburant, cela a pesé sur notre budget." Malgré tout, les épiceries de l'ASEB ont décidé de ne pas augmenter leurs tarifs. Pour réussir à maintenir son offre, l'association a lancé une cagnotte en ligne et s'est associée à des partenaires privés. "Nous tenions absolument à ce que les étudiants soient épargnés par la hausse des prix. Ils sont déjà suffisamment mis à contribution comme ça."

Un afflux à la rentrée?

Les épiceries nous ont confirmé s'attendre à une hausse du nombre d'étudiants à la rentrée. Entre l'augmentation du prix des loyers, l'inflation des produits alimentaires et la hausse des prix de l'énergie, les étudiants sont particulièrement mis à contribution. Mais ces petits commerces tiennent à rassurer. "On s'adaptera pour aider tout le monde", expliquent-ils.

"Nous sommes déjà subsidiés, mais on demandera à avoir des dons supplémentaires, nous mettrons des choses en place si nécessaire", explique Isabelle Jardon. "On est déjà à la capacité maximale, mais s'il le faut, on ouvrira d'autres épiceries, et on étendra les heures d'ouverture des épiceries existantes", confirme de son côté Victor Licata. L'année dernière, l'ASEB, en collaboration avec la COCOF, a ouvert une nouvelle épicerie sur le campus du CERIA à Anderlecht. "Nous avons aussi étendu nos horaires d'ouverture à Remblai. On est passé d'un jour d'ouverture par semaine à trois."

Le message est donc le même partout : les étudiants ne doivent pas hésiter à demander de l'aide (clique ici pour voir toutes les aides qui existent). "Nous remarquons que beaucoup de jeunes n'osent pas venir, parce qu'ils se disent qu'ils ne sont pas légitimes, mais nous sommes là pour les accueillir, sans aucun jugement. Encore trop d'étudiants qui auraient besoin de ces aides ne se tournent pas vers nous", regrettent-elles.

D'autres épiceries que celles citées dans l'article existent, pour en trouver une proche de chez toi et en savoir plus sur son fonctionnement, n'hésite pas à demander au service d'aide de ton établissement supérieur ou à contacter directement l'épicerie.