200 millions d'euros de pertes dues à la sécheresse en Wallonie, d'après la Fédération Wallone de l'agriculture

La Fédération wallonne de l'agriculture (FWA) évalue à 200 millions d'euros la facture actuelle pour l'agriculture wallonne de la sécheresse.

200 millions d'euros de pertes dues à la sécheresse en Wallonie, d'après la Fédération Wallone de l'agriculture
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La FWA s'inquiète que certains stocks pour l'hiver aient déjà été entamés et demande à la Région wallonne de mettre en place un système d'assurance climatique, qui pourrait mieux répondre aux problèmes récurrents ces dernières années que le Fonds des calamités agricoles. La FWA estime donc les pertes actuelles dues à la sécheresse à 200 millions d'euros. Un calcul obtenu en multipliant le pourcentage de pertes par culture par le nombre d'hectares, explique sa présidente Marianne Streel. Selon elle, 100 millions de pertes concernent les prairies et le reste les autres cultures. Rien que le maïs prend notamment 35 millions à son compte.

L'agricultrice rappelle que la première coupe, au printemps, avait été très faible, là déjà en raison d'un temps fort sec, alors que celle-ci sert, entre autres, à stocker du foin pour les animaux pour l'hiver. La seconde coupe avait, en revanche été meilleure car il avait davantage plu. "Et autant dire qu'avec la sécheresse de cet été, il n'y aura pas de troisième coupe!", tranche Marianne Streel.

Si on ajoute à cela la hausse de la demande en céréales avec la reprise post-Covid, les cultures très/trop humides de l'an dernier (dont l'impact sur celles-ci des inondations de juillet 2021) et le non-respect des normes de qualité qui en a découlé, ou encore la guerre en Ukraine, qui en a rajouté une couche aux prix des intrants, de nombreuses exploitations connaissent aujourd'hui des problèmes de trésorerie.

En raison de la sécheresse, beaucoup d'entre elles ont, de plus, déjà dû entamer leurs stocks de foin pour l'hiver afin de nourrir les animaux, parfois dès la mi-juillet, déplore la présidente de la FWA.

Face à cette situation, la Fédération demande de la solidarité entre éleveurs et cultivateurs et aux seconds de vendre une partie de leur production aux premiers.

Jeudi dernier, le ministre wallon de l'Agriculture Willy Borsus a demandé à l'Institut royal météorologique son avis sur le caractère exceptionnel de la sécheresse de cet été. Si celui-ci est reconnu, le Fonds des calamités agricoles se mettra alors en route.

La FWA réclame l'activation de ce fonds, même si ce système est très lent, qu'il n'indemnise pas de manière suffisante les agriculteurs et qu'il n'intervient qu'à partir d'un certain niveau de perte de rendement (au moins 30%). Marianne Streel constate que, ces dernières années, la Région wallonne a systématiquement dû y injecter une trentaine de millions d'euros, au lieu des près de 5 millions en temps normal. Cela à cause des épisodes de sécheresse à répétition ou d'un été, au contraire, bien trop humide comme celui de l'an dernier.

La présidente des agricultrices et agriculteurs demande dès lors qu'outre l'existence de ce Fonds, on mette en place un système d'assurance climatique, où la Région wallonne aiderait au paiement d'une partie de la prime d'assurance par les agriculteurs. "En cas de dégâts, la couverture correspondrait alors beaucoup plus aux pertes et l'indemnisation par les assureurs interviendrait beaucoup plus rapidement. Selon nos calculs, cela coûterait moins cher à la Région wallonne que le seul système actuel."