Les migrations économiques et d'étudiants en hausse en 2021

Le Centre fédéral Migration a analysé l'ampleur des migrations économiques et d'étudiants en Belgique dans le sixième cahier de son rapport annuel.

Les migrations économiques et d'étudiants en hausse en 2021
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Les chiffres disponibles pour 2021 montrent une augmentation de tous les indicateurs, après les diminutions observées en 2020 en raison de la crise du Covid-19. Selon Myria, on compte ainsi 5.556 visas long séjour délivrés à des ressortissants de pays tiers pour des raisons professionnelles en 2021, soit 23% de plus qu'en 2020. Les Indiens en restent, comme les années précédentes, les principaux bénéficiaires (24%). Le nombre de premières autorisations de travail sont aussi en hausse dans toutes les régions, et particulièrement en Région flamande où 6.127 premières autorisations de travail ont été délivrées, soit 47% de plus qu'en 2020.

Les statistiques sur les détachements dessinent également une courbe ascendante, le phénomène prenant de plus en plus d'ampleur. "Dans le cadre de la libre circulation des services, des personnes travaillant dans un Etat membre peuvent être détachées par leur employeur vers un autre Etat membre dans lequel il réalise un contrat de service", explique Myria. En 2021, ce sont 248.052 personnes (principalement des salariés et des citoyens de l'UE) qui ont été détachées vers la Belgique. La part des ressortissants de pays tiers parmi les salariés détachés a bondi, passant de 9% en 2017 à 27% en 2021.

Par ailleurs, les données sur les migrations des étudiants suivent la même tendance : 10.767 visas long séjour ont été accordés pour des raisons d'études en 2021, soit une augmentation de 59% par rapport à 2020. Les Camerounais en restent les premiers bénéficiaires. Avec 9.858 premiers titres de séjour délivrés à des étrangers nés à l'étranger pour des raisons liées à l'éducation, 2020 (données les plus récentes) a à cet égard été marquée par une forte diminution liée à la crise du Covid (29% de moins qu'en 2019 avant la crise sanitaire).

Tous ces chiffres, globalement en hausse, révèlent un redressement de l'économie: la demande en main d'oeuvre augmente et le besoin d'attirer des talents étrangers se fait sentir.

Myria regrette cependant que la Belgique n'ait pas profité de la récente réforme du droit de séjour des étudiants étrangers (été 2021) pour abroger l'actuelle interdiction de travailler des membres de la famille nucléaire qui accompagnent les étudiants de pays tiers.

"L'accès des membres de la famille au marché du travail leur permettrait de contribuer activement à la société, de diminuer leur dépendance financière vis-à-vis de l'étudiant et de favoriser leur intégration", observe l'organisme. "Cela pourrait aussi rendre la Belgique plus attrayante pour les talents internationaux et corriger l'actuelle différence de traitement avec les chercheurs dont les membres de famille qui les accompagnent ont, eux, accès au marché du travail", ponctue Myria qui plaide pour une refonte de la nouvelle législation sur ce point.

Le septième cahier du rapport annuel du Centre fédéral Migration devrait paraitre à la fin du mois de septembre.