Le Kot Oasis promeut la simplicité volontaire: "On veut montrer que c'est possible"

Pour le septième numéro de la série "Cap sur les KAP", qui s'intéresse aux kots-à-projet, "La Libre Etudiant" est partie à la rencontre du Kot Oasis qui promeut la simplicité volontaire.

Dans l'une des allées du parking Sainte-Barbe de Louvain-la-Neuve, les traditionnelles voitures avaient laissé place vendredi dernier à des occupants plus déroutants. En lieu et place des voitures garées, les visiteurs pouvaient apercevoir des canapés, sommiers, mais également des caisses remplies de couverts et autres ustensiles. Ce jour-là avait en effet lieu le traditionnel "Troc de Kot", une donnerie organisée par le Kot Oasis, en partenariat avec l'UCLouvain.

"Le principe est que les étudiants qui quittent leur kot en juin peuvent nous donner leurs affaires à ce moment-là et, nous, on les distribue gratuitement aux nouveaux venus en début d'année académique", explique Clémence, la présidente du Kot Oasis. L'université offre un soutien aux étudiants en leur mettant un lieu à disposition et en faisant de la pub auprès des nouveaux venus.

Le Kot Oasis promeut la simplicité volontaire: "On veut montrer que c'est possible"
©A.L.

Dès l'ouverture, de nombreux jeunes étaient présents et ont pu repartir avec des imprimantes, des étagères, des verres, des casseroles, etc. Le Dépakot, un autre KAP que nous avions déjà visité, était présent et mettait une camionnette à disposition afin d'aider les jeunes à déplacer les meubles qu'ils venaient de prendre.

"Je suis venu chercher des meubles parce que mon kot est vide en ce moment", nous expliquait Louis, un nouveau venu à l'université. "Je viens d'abord pour l'aspect écologique, mais aussi bien évidemment pour l'aspect économique. La vie étudiante coûte cher, donc si on peut faire des économies sur des choses comme ça, c'est chouette." Caroline, elle, est repartie avec des petits plats pour l'apéro. "Si on peut donner une nouvelle vie à ces objets, c'est pas plus mal. Maintenant qu'on sait que ça existe, on le fera au moment de quitter notre kot. Autant que nos affaires servent à quelqu'un", note l'étudiante.

La simplicité volontaire

"Si nous organisons cet événement, c'est parce que le Kot Oasis veut promouvoir la simplicité volontaire", explique Clémence. "C'est le fait de vivre plus simplement, en ralentissant, en se désencombrant et en tissant des liens." Un mouvement qui s'inscrit dans le cadre de la transition écologique.

"À terme, nous souhaiterions transformer le Troc de Kot, qui a lieu ponctuellement, en une récupérathèque qui serait ouverte toute l'année", déclare la présidente du KAP.

Durant le reste de l'année, le Kot Oasis prévoit d'autres événements sur le site de Louvain-la-Neuve, comme son célèbre banquet illégal. "On récupère les invendus des magasins et restaurants et on organise un grand banquet pour une centaine de personnes. Il y a à manger à volonté : entrée, plat, dessert. Les étudiants peuvent même repartir avec la nourriture qu'il reste. Notre but est de sensibiliser à la quantité de déchets qu'on retrouve dans les poubelles."

Dans le cadre de leur festival "Il en faut peu", le Kot Oasis fait également la part belle aux témoignages de personnes qui ont choisi ce mode de vie. "L'année dernière, on a eu quelqu'un qui est venu nous parler de sa tiny house, un autre qui nous expliquait comment voyager autrement, ou encore quelqu'un qui nous a présenté le vermicompostage (compostage à l'aide de vers, ndlr).

Inspirer les gens à réduire leur consommation est non seulement bon pour le portefeuille, mais également pour l'environnement. "Face à la mondialisation, vivre dans la simplicité volontaire semble être une utopie, mais nous sommes là pour montrer que c'est possible", conclut le KAP.

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