"Vous demandez à l'assassin de faire une enquête impartiale": la députée Darya Safai, suivie par Hadja Lahbib, s'est coupée une mèche de cheveux en soutien à l'Iran

Ce geste de soutien s'est rapidement répandu dans le monde jusqu'à franchir nos frontières.

Darya Safai, membre de la N-VA, et Hadja Lahbib, ministre des Affaires étrangères (à droite)
Darya Safai, membre de la N-VA, et Hadja Lahbib, ministre des Affaires étrangères (à droite) ©BELGA

La députée Darya Safai s'est coupée les cheveux jeudi après-midi en séance plénière de la Chambre en solidarité avec les femmes iraniennes. L'élue N-VA est elle-même est d'origine iranienne. La ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib (MR) l'a suivie ainsi que la députée Open Vld Goedele Liekens. En Iran, des femmes et des hommes descendent dans la rue depuis des semaines pour protester contre le code vestimentaire strict de la République islamique. La mort de Mahsa Amini, 22 ans, décédée après que la brigade des mœurs l'eut arrêtée parce qu'une mèche de cheveux était sortie de sous son voile, a fait office de déclencheur au sein de la société iranienne.

Depuis lors, les femmes iraniennes qui manifestent jettent leur foulard dans la rue ou se coupent symboliquement les cheveux. Le régime iranien réprime violemment ces manifestations, qui ont déjà fait des dizaines de morts.

Dans sa question posée à la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib, Darya Safai a appelé le gouvernement à condamner la situation en Iran. "Il est grand temps qu'il y ait un signal du Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Dans sa réponse, la ministre Lahbib a indiqué avoir rencontré son homologue iranien le 23 septembre dernier. "J'ai rappelé l'importance d'une enquête crédible et indépendante. Depuis lors, des femmes exercent leur droit de manifester, mais la réaction des forces de sécurité est disproportionnée", a-t-elle ajouté.

Hadja Lahbib a aussi indiqué que la Belgique était favorable, avec d'autres pays européens, à des sanctions contre les services de sécurité qui se sont livrés à la répression. La Belgique soumettra une proposition de sanction en ce sens au Conseil européen des ministres des Affaires étrangères le 17 octobre avec d'autres États membres comme la France, l'Allemagne, le Danemark, l'Espagne, l'Italie, la République tchèque et le Luxembourg.

"Vous demandez à l'assassin de faire une enquête impartiale", a répliqué Darya Safai. "Vous avez sollicité (du gouvernement iranien) une enquête. Mais c'est précisément le gouvernement qui a ordonné aux forces de l'ordre la répression. Votre réponse est un peu schizophrénique", a renchéri Sophie Rohonyi (DéFI), appelant à une enquête internationale. Une telle enquête a aussi été réclamée par Michel De Maegd (MR), qui a déposé une résolution en ce sens.

En marge du débat, le groupe PS a aussi annoncé le dépôt d'une résolution, portée par Ozlem Ozen. Celle-ci demande de mettre sur pied via l'ONU une enquête sur la mort de Mahsa Amini et les autres crimes afin de lutter contre l'impunité.

Samuel Cogolati (Ecolo) a de son côté appelé "à des sanctions contre les auteurs de la répression et la fin des expulsions de demandeuses d'asile venues d'Iran en Belgique".