"Il n'y a plus de places pour les mineurs non accompagnés", concède Fedasil

Fedasil, l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile, confirme mercredi que, la veille, une vingtaine de jeunes n'ont pas pu obtenir de place d'accueil.

Belga
"Il n'y a plus de places pour les mineurs non accompagnés", concède Fedasil
©Jean Luc Flémal

Il n'y a plus de place pour les mineurs non accompagnés, concède l'Agence qui a pourtant ouvert 1.000 lits supplémentaires sur l'année écoulée. Un chiffre qui n'a pas suffi, au vu de l'afflux de réfugiés mineurs d'âge. "Cela fait des mois que nous avertissons que nous allons être débordés et ne pourrons plus accueillir les mineurs. Ce jour est arrivé", explique Mieke Candaele, directrice communication chez Fedasil.

Mardi, priorité a donc été donnée aux mineurs les plus jeunes et les plus vulnérables. La vingtaine de personnes qui n'a pas obtenu de place est constituée de jeunes pour lesquels il existe un doute qu'ils soient bien mineurs. Ils ont été dirigés vers le service de tutelle pour subir un test d'âge. Une procédure qui pourrait elle aussi prendre un certain temps.

Fedasil réfute fermement qu'aucun effort n'est fait. "Nous avons actuellement 3.139 places destinées aux mineurs. En août de l'an dernier, au début de cette période de crise, il y en avait 2.147. C'est un effort énorme réalisé par Fedasil", assure Mieke Candaele.

Toutes ces places sont pour le moment occupées, principalement par de jeunes Afghans, 2.173 au total. Ce groupe constitue 72% des mineurs non accompagnés hébergés en centre d'accueil.

Pour le reste, 1.200 jeunes attendent toujours la nomination d'un tuteur. "Nous accueillons aussi de nombreux enfants de moins de 13 ans qui devraient être hébergés dans des lieux plus propices. Mais pour eux non plus, il n'y a pas suffisamment de place. Fedasil fait plus que son devoir mais c'est ailleurs que des décisions doivent être prises", lance Mieke Candaele.

Pour l'Ordre français des avocats du barreau de Bruxelles, dont le bureau d'aide juridique est confronté quotidiennement aux jeunes demandeurs d'asile, cette situation "dramatique" aurait pourtant pu être résolue. "Des solutions existent et ont été détaillées dans une feuille de route co-signée par plus de 50 associations, y compris notre Barreau, et remise au gouvernement fédéral à la mi-septembre", lance l'ordre.

La trentaine de mesures émises - pour ouvrir des places, accélérer les procédures, etc. - sont d'ailleurs "moins coûteuses que la situation actuelle", l'ordre faisant notamment référence aux astreintes auxquelles Fedasil a été condamnée depuis le début de l'année pour ne pas avoir fourni d'hébergement. La loi impose en effet une aide matérielle (dont un toit) aux demandeurs de protection internationale pendant la durée de leur procédure. Depuis le début de l'année, Fedasil a été condamnée près de 4.500 fois.

"Il y a extrême urgence à agir et à venir en aide à ces demandeurs arrivés ici après de longs périples démarrés en Afghanistan, en Syrie ou ailleurs. Il faut de nouvelles places d'hébergement, en nombre et maintenant", plaide l'ordre francophone du barreau de Bruxelles. "Il y va de la dignité humaine et du respect de l'État de droit, principes malheureusement mis à mal chez nous comme ailleurs", dénonce-t-il.

"Personne ne devrait dormir en rue en 2022 en Belgique, et certainement pas des mineurs non accompagnés", conclut l'ordre.