Une action collective immédiate et ambitieuse pour protéger les enfants contre la pauvreté: "Des parents sont honteux d'en parler"

La pauvreté reste un sujet tabou. L'énorme flambée des prix de l'énergie impacte déjà le quotidien des familles. Mais pas que.

 Un enfant sur trois en situation de pauvreté se retrouve non nourri, mal nourri ou insuffisamment nourri sur les bancs de l’école. 
©EdA

Une "action collective immédiate et ambitieuse" pour protéger les enfants et leurs familles de la pauvreté et de son impact immédiat et à long-terme est nécessaire, martèlent, jeudi dans une déclaration commune, 24 coupoles, organisations et institutions de défense des droits de l'enfant et de lutte contre la pauvreté.

"Avant la pandémie de COVID-19, près d'un quart des enfants en Europe étaient en risque de pauvreté et d'exclusion sociale", rappellent les signataires de la déclaration. "Nous ne disposons pas encore de données sur la situation actuelle, toutefois l'invasion de l'Ukraine, les niveaux d'inflation historiquement élevés, les hauts taux d'intérêt, l'augmentation généralisée du coût de la vie et l'énorme flambée des prix de l'énergie impactent déjà le quotidien des familles et nous font craindre encore une aggravation de la situation pour la fin de l'année."

Pour des milliers de familles, même en se concentrant sur l'essentiel, les factures sont devenues impayables, pointent les organisations et institutions. "Nombre de ces parents sont honteux d'en parler mais surtout extrêmement inquiets de ne pas pouvoir offrir une vie décente et digne à leurs enfants", soulignent-elles.

Si les analyses des dépenses publiques montrent, qu'entre février et fin juillet 2020, des sommes historiques ont été dépensées dans les pays à revenu élevé en réponse à la pandémie de COVID-19, seuls 2% de cette somme ont été affectés à des politiques de protection sociale spécifiques aux enfants, ressort-il des données statistiques. En outre, la majorité des aides étaient de courte durée et ciblaient trop peu les familles les plus vulnérables ou celles qui sont proches de la pauvreté.

"Aujourd'hui, il est urgent de tirer les leçons du passé et de coordonner et cibler les dépenses pour qu'elles aient un réel impact positif et structurel sur les enfants et les familles les plus fragilisés", estiment les signataires.

Ces derniers mois, la Belgique a adopté un plan relatif à la Garantie pour l'Enfance 7 ainsi qu'un plan fédéral contre la pauvreté et les inégalités. Une conférence interministérielle sur la pauvreté est aussi annoncée pour la fin octobre 2022. "Ces efforts doivent être salués, mais ils sont loin d'être suffisants", insistent les organisations et institutions.

Face à cette situation, ces dernières réclament donc une "action collective immédiate et ambitieuse" pour protéger chaque enfant et sa famille de la pauvreté. Dans cette optique, il est donc nécessaire d'assurer des revenus aux familles permettant de mener une vie digne et de renforcer immédiatement les aides à l'énergie, concluent les signataires. Ceux-ci réclament aussi des investissements dans un Pacte logement-énergie, qui repose sur l'isolation des logements, et l'adoption d'une politique de nutrition scolaire gratuite généralisée, ainsi que d'une politique de santé et d'éducation réellement gratuites.

Parmi les signataires de la déclaration figurent notamment le service du Délégué général aux droits de l'enfant, la Ligue des droits humains, la Ligue des familles, le Réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN) ou encore Unicef Belgique.