"Dans quelle démocratie sommes-nous pour qu'un tel conflit d'intérêt soit possible ?": des activistes s'attaquent au siège du parti Groen

Le collectif "Who is Maria-Antoinetta Simons?" cherche à attirer l'attention sur la nécessité de sortie de la Belgique du Traité sur la Charte de l'Energie.

Les activistes du collectif 'Who Is Maria-Antoinetta Simons ?' ont recouvert d'affiche la façade du siège du parti Groen à Bruxelles lundi matin pour appeler la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten (Groen) et son parti à soutenir la sortie de la Belgique du Traité sur la Charte de l'Énergie (TCE) qu'ils qualifient de "scandaleux" et de "climaticide". Cette action intervient alors qu'un vote pour le renouvellement du TCE doit se tenir le 22 novembre.

Le nom du collectif, 'Who Is Maria-Antoinetta Simons ?' a été choisi pour dénoncer la collusion entre la ministre Van der Straeten et sa conseillère en relations étrangères Maria-Antoinetta Simons qui a travaillé durant de longues années pour le TCE, ont fait savoir les activistes.

"Une position incompréhensible", selon Camille, membre du collectif. "Dans quelle démocratie sommes-nous pour qu'un tel conflit d'intérêt soit possible ? Nous demandons à la ministre Van der Straeten de sortir immédiatement du Traité de la Charte de l'Énergie, quoi qu'en pense sa conseillère Maria-Antoinetta Simons", a-t-elle ajouté.

Le collectif affirme que le traité ne fait que le jeu des multinationales et constitue un "frein inacceptable" à la lutte contre le changement climatique.

En réponse à l'action, Groen a rappelé, qu'avec Ecolo, le parti appelait depuis des mois à une sortie rapide et coordonnée de tous les États membres de l'Union européenne du TCE. "Si l'Union européenne veut vraiment jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre la crise climatique, elle ne peut rester partie prenante d'un traité qui protège les investissements nuisibles au climat", expliquaient encore en juin les coprésidents des deux partis verts.

Le TCE, créé dans les années 90, est surtout décrié pour le pouvoir qu'il donne aux entreprises énergétiques d'attaquer les États devant des tribunaux d'arbitrage privés contre toute mesure mettant en danger leurs futurs profits. L'idée d'origine était de "protéger les investissements", mais le texte s'est ensuite révélé être une arme pouvant dangereusement se retourner contre les États souhaitant favoriser la transition vers le renouvelable.

La ministre fédérale du Climat Zakia Khattabi a répété fin octobre être en faveur d'un retrait de la Belgique du TCE. Mais un consensus entre entités fédérées semble improbable. Récemment, le ministre wallon du Climat et de l'Énergie, Philippe Henry (Ecolo), indiquait au parlement régional que la Belgique allait sans doute s'abstenir lors du vote du 22 novembre sur la réforme, vu l'absence de position commune. Se retirer du traité exigerait, aussi, un accord national.