150 nouvelles places d’accueil pour femmes battues créées en Wallonie

violence aux femmes Le gouvernement wallon est d’accord sur la proposition de la ministre Christie Morreale.

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©Shutterstock

À l’occasion de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes, le gouvernement wallon a marqué son accord sur la proposition de la ministre Christie Morreale (PS) de créer 150 nouvelles places d’accueil et d’hébergement pour les victimes de violences.

"Avec cette nouvelle mesure, la Wallonie marque un nouveau pas significatif pour protéger les victimes de violence et les aider à se reconstruire", estime la socialiste.

En plus des 127 places créées depuis 2019, 150 nouvelles places seront donc ouvertes d’ici août 2026. En tout, près de 300 nouvelles places ont été créées ou sont en passe de l’être en Wallonie, ce qui représente une augmentation de 31 % depuis le début de la législature.

À Rochefort, la rénovation de la maison d’accueil Accueil Famenne permettra ainsi la création de 26 nouvelles places. À Dinant, une nouvelle maison qui pourra accueillir 21 victimes sera créée. À Verviers, une nouvelle implantation de la maison l’Accueil permettra d’augmenter la capacité du centre de 16 places tandis que dans le Hainaut, 53 nouvelles places verront le jour et dans la province du Luxembourg, une nouvelle maison d’accueil permettra la création de 35 places.

Selon une étude européenne de 2021, la Belgique est le quatrième pays européen en termes de nombre de logements disponibles pour les femmes victimes de violences.

Par ailleurs, la Wallonie vient également de relancer le dispositif "relais pharmacie" permettant aux pharmaciens d'orienter plus facilement les victimes de violences conjugales vers des services spécialisés.

La création de nouvelles places répond à un besoin réel du terrain. Selon Jean-Louis Simoens, coordinateur de la ligne d'écoute Violences Conjugales, plusieurs services de prise en charge des victimes de violence ne parviennent pas à prendre en charge toutes les demandes assez rapidement. "À Liège, il faut compter quinze jours d'attente pour avoir un rendez-vous au centre contre les violences conjugales et l'exclusion. C'est un délai inacceptable. C'est regrettable et ça montre bien qu'il faudrait plus de services comme celui-là", explique-t-il.

Cependant, la création de places n’apparait pas comme une solution miracle pour éradiquer les violences.

"Quand on ouvre de nouvelles places d'accueil, elles sont immédiatement saturées. On pourrait doubler les capacités d'accueil, ça resterait insuffisant. Pour lutter contre la violence, il faut lutter à tous les niveaux. Augmenter la prévention et supprimer le statut de cohabitant légal font partie des solutions. L'hébergement d'urgence peut répondre à certaines situations mais ne résout pas tous les problèmes", estime Jean-Louis Simoens.

Maïli Bernaerts