Harcèlement : plus de 40 situations dangereuses résolues grâce à l'alarme mobile

L'alarme mobile contre le harcèlement a déjà permis plus de 40 fois de remédier à une situation potentiellement mortelle depuis son lancement en 2019, dans les différentes provinces qui en ont été progressivement équipées, révèlent les chiffres communiqués mercredi par le ministre fédéral de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD). Ce dernier a participé mercredi à une formation pour les zones de police du Brabant flamand, où le dispositif va être déployé prochainement.

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Harcèlement : plus de 40 situations dangereuses résolues grâce à l'alarme mobile ©JEANETTE DIETL – FOTOLIA 

Chaque année, la police belge reçoit en moyenne 20.000 plaintes pour harcèlement. Dans plus de 60% des cas, le harcèlement est commis par un ancien partenaire. Dans huit cas sur dix, le harcèlement par un ex-compagnon s'accompagne de violences physiques. Plus de 100 cas par an impliquent même des situations où la vie de la victime est en danger.

Afin d'aider les victimes de harcèlement grave, un projet pilote d'alarme mobile contre le harcèlement a été lancé à Gand en 2019. Les victimes reçoivent un bouton, qu'elles mettent discrètement dans un sac ou sur un vêtement, et qu'elles peuvent activer par simple pression lorsqu'elles se sentent menacées, sans que le harceleur s'en aperçoive. L'outil se connecte alors à l'application 112, sans que la personne ne doive faire usage de son GSM. Les services d'urgence reçoivent directement les données du porteur du dispositif, tandis que le bouton transmet sa localisation en temps réel durant deux heures pour permettre une intervention rapide de la police.

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Après une évaluation positive du projet pilote dans la Cité des Comtes, le système a été peu à peu déployé, à partir d'avril 2022, en Flandre occidentale et orientale, au Limbourg, à Bruxelles, à Anvers et à Liège. Dans les semaines à venir, ce sera au tour du Brabant flamand d'y accéder. Mercredi, une journée de formation a été organisée pour les responsables des zones de police de l'arrondissement de Louvain, suivront la semaine prochaine ceux de l'arrondissement de Hal-Vilvorde.

Entre-temps, plus de 100 dispositifs d'alarme ont déjà été distribués aux victimes de harcèlement. La police a été alertée plus de 40 fois d'une situation potentiellement mortelle, pour lesquelles elle est intervenue. "L'alarme mobile a définitivement prouvé son utilité", estime le ministre Van Quickenborne. "Nous constatons également que les personnes munies de l'alarme se sentent plus en sécurité et osent davantage sortir. Pour la tranquillité mentale des victimes, c'est donc aussi une valeur ajoutée."

Pour le Brabant flamand, 190 boutons sont prévus. Comme dans les autres provinces, c'est au parquet qu'il revient d'apprécier si une situation est suffisamment grave pour qu'un dispositif soit effectivement attribué à une victime.

Dans les semaines et les mois à venir, le système sera déployé plus avant en Wallonie. D'ici la fin de l'année, l'ensemble du pays devrait être couvert.

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