Société

Ce dimanche 21 juillet, à partir de 16h15, vingt-cinq aéronefs militaires vont survoler la tribune officielle, place Royale à Bruxelles. Que l’on soit là ou dans l’axe de l’avenue de Tervueren et du musée d’Afrique central, ce défilé aérien passe très vite. Voici donc sa composition dans l’ordre de passage des avions et hélicos, afin de les identifier aisément depuis le sol.

Grande première cette année lors du défilé aérien du 21 juillet : ce sont trois Lockheed Martin F-16 qui assurent le déploiement des couleurs. En effet, depuis la mise à la retraite, en catimini, du Dassault-Dornier Alpha Jet, il n’y a plus que le F-16 pour assurer l’ouverture du défilé. Une couleur par avion, on n’a pas intérêt à s’emmêler les bidons noir jaune rouge au 10e Wing tactique de Kleine-Brogel, d’où partirons les trois F-16. Maintenant que l’on sait, d’après les dires du ministre de la Défense Didier Reynders jeudi, en commission parlementaire, qu’ils ont la « capacité nucléaire »…

Ces F-16 décolleront de KB à 15h, tout comme leurs frères d’armes du 2e Wing tactique de Florennes. Ceux-ci sont au nombre de six. Quatre d’abord, suivis d’un trio très spécial, composé de deux F-16 et d’un Supermarine Spitfire de la Deuxième guerre mondiale. Ce trio, qui est déjà passé au-dessus de Bruxelles le 6 juin dernier, commémore les 75 ans de la Libération de la Belgique, dans laquelle l’avion britannique, Spit sur lequel ont volé de nombreux aviateurs belges, a joué un rôle majeur. Quant aux F-16, issus des escadrilles 349 et 350 créées pendant la guerre en Grande-Bretagne, ils arborent ce qu’on appelle des bandes d’invasion. Alternant trois blanches et deux noires, sur les ailes et le fuselage, ces cinq bandes devaient permettre d’identifier clairement les avions alliés dans la pagaille du débarquement et durant la bataille de Normandie, puis la Libération.

© D.R.

Allez les Diables !

Derrière ce trio commémoratif, quatre SIAI Marchetti SF260, petit monomoteur à hélices basé à Beauvechain et assurant la formation de base des pilotes militaires belges. Ces quatre aéronefs constituent la patrouille acrobatique des Diables Rouges, qui écument les meetings aériens durant la saison.

Les Red Devils seront suivis par un appareil atypique, un Embraer EMB-121 Xingu à cocardes françaises. La présence inédite de ce petit biturbopropulseur à hélices s’explique par la thématique générale du défilé 2019 : « Ensemble pour la liberté et la sécurité de tous. » Au sol comme dans les airs, des pays alliés sont conviés à défiler avec les troupes belges, comme ce fut le cas de Belges au milieu de troupes françaises le 14 juillet à Paris. En effet, pour la fête nationale française, un F-16 belge fut convié à passer au-dessus des Champzés, avec un homologue néerlandais, des Eurofighter Typhoon allemand et espagnol, etc.

Petit moustique brésilien

On vit dans le ciel parisien le F-16 belge à côté de deux Dassault Rafale, candidat malheureux au remplacement des chasseurs-bombardiers belges. Pour le 21 juillet, la France aurait donc pu dépêcher un Rafale ou deux mais, euh, non, ce n’eût pas été une bonne idée. Mieux vaut ce sympathique petit Xingu, prononcez « Shinn’gou », avion-école sur lequel tous les pilotes de transport français et belges sont formés depuis 1983.

Derrière le Xingu, les voilures tournantes, dont trois NH90, le modèle polyvalent le plus récent de la Défense belge, qui remplace notamment les célèbres Sea King au gros nez rouge, qui assurèrent les missions de sauvetage à la mer du Nord pendant des décennies. Suivent un vénérable Sud Aviation Alouette III de la Force navale, bientôt retraité lui aussi, et deux Agusta A109 de Beauvechain.

Hercules, infatigable bêtes de somme

Derrière les ventilos, quatre Lockheed Martin C-130 Hercules, bête de somme qui a accompli d’innombrables missions militaires et humanitaires. Le C-130 est aussi en fin de carrière, progressivement remplacé par sept Airbus A400M, devant entrer en service de mi-2020 à fin 2021. Tant sur Lockheed que sur Airbus, les pilotes belges ont suivi les 150 heures de formation sur Xingu, réparties sur 15 mois, sur la base d’Avord, dans le centre de la France.

Pour clore le défilé du 21 juillet 2019, deux avions de transport du 15e Wing de Melsbroek, un biréacteur Embraer faisant partie des appareils dits « blancs » de la 21e escadrille, tout comme l’Airbus A321 gris qui ferme la marche.