À ce jour, aucun financement n’a pu être dégagé pour assurer la continuité du centre au-delà de la fin du mois.

Le centre d’hébergement d’urgence et d’orientation pour personnes sans-abri de la Rue de Trêves à Bruxelles devrait fermer ses portes le 31 juillet. À ce jour, aucun financement n’a pu être dégagé pour assurer la continuité du centre au-delà de la fin du mois. “Le Gouvernement fédéral ne peut offrir un soutien structurel en raison du manque de clarté quant à son propre avenir. Le Gouvernement régional ne fournit pas de réponse concluante sur la reprise de ce projet. Cela crée une grande incertitude chez les résident.e.s et les employé.e.s.”, relèvent les organisations en charge du centre, le CAW Brussel et Médecins du Monde.

78 personnes en famille dont 41 enfants, 58 femmes seules, 107 hommes seuls et 18 mineurs étrangers non-accompagnés sont pour le moment accueillis dans ce centre. D’ici 3 semaines, ces 261 personnes se retrouveront donc sans solution d’hébergement, les autres centres d’hébergement à Bruxelles étant déjà tous à saturation. Les hôtels ouverts temporairement au début de la crise COVID-19 vont également être progressivement fermés d’ici la fin septembre.

L’organisation Médecins du Monde s’inquiète du sort de ces personnes alors que la crise du coronavirus n’est pas encore terminée. “En soi, il est irresponsable d’expulser du jour au lendemain des personnes sans perspective. Faire cela au milieu d’une épidémie de COVID-19 est complètement impensable.” relève Michel Genet, Directeur général de l’ONG. Ces derniers mois, les équipes médicales ont travaillé pour contenir le COVID-19, tester les personnes sans-abri et prévenir les foyers de contamination parmi cette partie de la population. Avec la fermeture du centre, le traçage efficace de ces personnes deviendrait impossible. “Cette décision met en péril des mois de travail, le nôtre et celui de nos partenaires.”, déplore Michel Genet.

Une lettre adressée aux autorités

Plusieurs organisations, comprenant La Ligue des Droits Humains et MSF Belgium, ont adressé une lettre au Ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo) et la Secrétaire d’Etat du Logement et de l’Egalité des Chances Nawal Ben Hamou (PS). Celles-ci proposent la prolongation des réquisitions des établissements hébergeant des personnes sans-abri mises en place par le gouvernement pendant la crise. Elles demandent également des moyens permettant à ces structures de fonctionner, le temps que des solutions de relogement soient trouvées. Pour les signataires de la lettre, “il est nécessaire de profiter des progrès obtenus tels que la mise à l’abri et la relative stabilisation des personnes sans-abri dans une structure de logement, le travail de suivi socio-médical effectué et le lien de confiance créé dans un cadre sécurisé, pour mettre en avant une politique ambitieuse de relogement.”