Originaire de Châtillon, Tifany Lieffring avait 21 ans. Le mois dernier, elle a contracté le coronavirus et est partie en trois jours seulement suite à un arrêt cardiaque sur une embolie pulmonaire due à la maladie. La jeune femme était pourtant en bonne santé et ne souffrait ni d’hypertension ni de diabète. Son état s'est dégradé en une journée et elle a perdu la vie quelque temps après avoir été admise à l'hôpital d'Arlon. " S’il y a un enseignement que l’on peut retenir de tous ces événements, c’est que cette maladie ne frappe pas que les personnes âgées", avait confié son père à nos confrères de Sudinfo.

Comment la maladie a-t-elle pu emporter la jeune femme si rapidement? Interrogé par nos confrères de l'Avenir, Yves van Laethem parle d'un coronavirus foudroyant très rare. En général, le coronavirus se rapproche d'une longue grippe, il est donc viral et finit par partir seul. Mais ici, Tifany Lieffring a développé une complication thromboembolique. "Après la phase virale, il y a chez certaines personnes une phase inflammatoire, qui est caractérisée par d’autres problèmes, style thrombose, embolie ou autre chose du même type. D’habitude, les complications de type thromboembolique n’arrivent pas dans les premiers jours de l’infection. Quand elles arrivent, c’est au minimum 5 à 7 jours après le début des symptômes. Ici c'est très très rapide", explique l'infectiologue.

En Belgique, ce genre de cas est extrêmement rare, on en compte entre trois et cinq dans cette catégorie d'âge. "C’est très malheureux pour elle et ses proches, mais c’est heureusement une exception très rare, à la fois dans la rapidité, dans la tranche d’âge, et dans l’absence de comorbidités. Pour quelles raisons? Y a-t-il un facteur génétique? Cela reste un mystère."

Yves Van Laethem tente ensuite de se montrer rassurant, encourageant la population à ne pas s'inquiéter de développer ce type de coronavirus rapide. Néanmoins, comme l'expert le souligne, ce genre de cas nous rappelle que personne n'est à l'abri. "Il n’y a pas seulement un rajeunissement global des personnes hospitalisées pour le moment, avec plus de gens dans la quarantaine et la cinquantaine. Il y a aussi un certain nombre d’exceptions, de personnes plus jeunes, dans la vingtaine et la trentaine, qui sont à l’hôpital. Et qui heureusement ne meurent pas, pour la plupart d’entre elles."