L'automne dernier, Xinning Song, le directeur de l’Institut chinois Confucius à la VUB, soupçonné d’espionnage, s'est vu exclure de l'espace Schengen à la demande de la Belgique. Une décision cassée par le Conseil du Contentieux des Etrangers.

L’Institut Confucius de la VUB a été lancé en 2016, en collaboration avec le ministère chinois de l’Education et une université de Shanghai. Le but de ce dernier était de promouvoir la culture chinoise en proposant des cours de langue, des séminaires et des activités culturelles. Il existe dans le monde environ 500 instituts Confucius. Mais, depuis quelques années, ces derniers ont mauvaise réputation et sont soupçonnés d'exercer une influence politique de plus en plus grande en Occident, mais aussi d'être des lieux d'espionnage. C'est ainsi qu'en octobre dernier, Xinning Song, le directeur de l'institut belge, était accusé d’avoir servi de recruteur pour les renseignements chinois et d’avoir engagé des informateurs parmi les communautés d'étudiants et d'hommes d’affaires chinois en Belgique.

A en croire la Sûreté de l'Etat, les activités de Song "soutiennent directement les activités d'espionnage et d'ingérence des services de renseignement chinois et que ses activités constituent donc une menace pour la sécurité intérieure et extérieure de l'État".

Par conséquent, le département belge de l'Immigration avait entamé une procédure pour que Xinning Song soit exclu de l'espace Schengen pour une durée de huit ans. La nouvelle avait à l'époque fait beaucoup de bruit, puisqu'il s'agissait d'une mesure exceptionnelle, l'espace Schengen reprenant 26 pays européens différents.

Ces accusations, le principal intéressé les a toujours contestées. Il est allé jusqu'à défendre son cas devant le Conseil du Contentieux des Etrangers (CCE) et il a gagné son procès. Non pas sur le fond, mais sur la forme. En effet, la loi exige qu'une telle interdiction de pénétrer dans l'espace Schengen soit accompagnée d'un ordre de quitter le territoire. L'ordre en question doit être remis à l’intéressé lorsqu'il se trouve encore dans le pays concerné. Et c'est là que les choses se compliquent, puisque l'Office des étrangers n'a pas pu émettre l'ordre de quitter le territoire à Xinning Song puisque ce dernier était déjà retourné en Chine, annonce De Morgen ce jeudi.

En théorie, l'Office des étrangers peut encore introduire un recours en cassation auprès du Conseil d'État, ce qu'il ne semble pas vouloir faire. "Il n'y aura pas d'appel de cette décision. Le refus de son visa reste intact. Le refus belge reste visible dans le système d'informations sur les visas dans lequel tous les États membres peuvent connaitre la motivation, dans le cas où monsieur Song demanderait un nouveau visa", a déclaré le porte-parole de l'Office des étrangers à nos confrères du Morgen.

Mais Xinning Song semble plus que jamais déterminé et compte bien demander un nouveau visa. Notamment pour la Belgique et l'Autriche, afin de pouvoir assister à un événement organisé par l'Institut Egmont de Bruxelles en octobre prochain. Un événement qui pourrait bien tomber à l'eau, puisqu'il était organisé chaque année en collaboration avec l'Institut Confucius, qui a été fermé par la VUB en décembre dernier.