Ce samedi, le ministre-président francophone Pierre-Yves Jeholet, avait fait savoir qu'il avait demandé au Premier ministre de réunir à nouveau le Comité de concertation le 18 décembre afin de réévaluer les mesures concernant la bulle sociale durant les fêtes, mais également la fermeture des salons de coiffure. Le Premier ministre s'était toutefois montré très prudent. "Toute décision doit être prise sur base de chiffres et d’avis, et la période de fin d’année est très sensible”, avait-il déclaré.

De son côté, Emmanuel André a vivement réagi sur Twitter. "Apprenons des erreurs. Mieux vaut patienter quelques semaines et réduire d'autant le risque que de nous précipiter inutilement dans une 3ème vague et son reconfinement', avait-il écrit dans un premier Tweet. Il avait ensuite été encore plus loin en critiquant l'attitude du parti politique dans sa globalité. " En agissant de nouveau de la sorte, le MR met non seulement la santé de notre population en danger, mais aussi celle de notre économie, qui a besoin de stabilité et de perspectives, en péril. Et enfin se joue de toute loyauté envers nos gouvernements qui doivent traverser cette crise". Ce à quoi Georges-Louis Bouchez, président du MR, avait directement réagi. "Monsieur André, il s’agit de la demande d’un Ministre-Président au nom de son gouvernement composé du MR, mais aussi du PS et d’Ecolo. Merci dès lors de ne pas résumer cela à une question partisane qui normalement ne relève pas de votre champ d’expertise", lui avait-il répondu.


Aujourd'hui, pour renforcer sa prise de position, le virologue s'est appuyé sur le constat qui a pu être dressé aux États-Unis, quelques jours après la célébration de Thanksgiving. De fait, les chiffres sont repartis à la hausse après un assouplissement des règles pour ce jour spécial. Pour Emmanuel André, nous assisterons au même phénomène si nous relâchons la pression durant les fêtes dans notre pays. "Aux États-Unis, les fêtes de Thanksgiving ont très visiblement inversé une tendance positive, détruisant en un jour des semaines d’efforts. Essayez d’imaginer dans le graphe ci-dessous où en seraient les Américains s’ils avaient fait un autre choix de société ce jour-là", écrit-il sur Twitter.


Il a ensuite étayé ses propos en revenant sur l'effet qu'ont eu les vacances de Toussaint en Belgique et sur celui que pourraient avoir celles de Noël. "Ce qu'on a appris en Belgique, c'est que la 'pause' des vacances de Toussaint a joué un rôle très favorable pour reprendre le contrôle. Ce qu'on n'a pas encore appris, c'est que si on organise plein de réunions de famille durant les vacances de Noël, l'impact sera bien différent", a-t-il écrit.


Emmanuel André n'est pas le seul à partager cet avis et à s'appuyer sur les chiffres des États-Unis pour empêcher un relâchement des mesures à l'approche des fêtes. Interrogé par Het Laatste Nieuws, Marc Van Ranst a lui aussi critiqué la position défendue par Pierre-Yves Jeholet. "Quiconque prône la relaxation maintenant est populiste. Quiconque veut voir quelles seront les conséquences dans les semaines à venir devrait se tourner vers les États-Unis. Ils réalisent maintenant à quoi Thanksgiving a conduit." L'expert juge d'ailleurs que le seuil établi de 800 nouveaux cas par jour, que le gouvernement souhaite atteindre, reste trop élevé. Un pallier que nous n'atteindrons que d'ici deux mois selon le virologue, suite à la récente évolution défavorable des chiffres.