Un Comité de concertation débutera à 13h ce vendredi, mais nul ne sait si le Premier ministre annoncera un réel assouplissement des mesures sanitaires au terme de celui-ci. Ce vendredi matin, dans l'attente des décisions du Comité, les experts s'expriment sur les derniers chiffres du Covid-19 en Belgique.

"Heureusement, nous avons une diminution globale, des contaminations, hospitalisations, et décès", a commencé Yves Van Laethem. Le nombre de nouvelles contaminations a en effet baissé de 37% entre le 17 et le 23 novembre, par rapport aux sept jours précédents. Globalement, ces cas diminuent de moitié tous les 11 jours. "Si cette tendance se poursuit, on devrait arriver à +/- 500 nouvelles contaminations à la fin de l'année", a-t-il déclaré. 

Et les nouvelles hospitalisations baissent également, car 260 admissions quotidiennes sont enregistrées en moyenne, ce qui représente une diminution de 31%. Actuellement, il y a 4.395 patients touchés par le Covid-19 pris en charge à l'hôpital et "les nouvelles admissions diminuent en moyenne de moitié tous les 13 jours". "Quelles que soient les mesures prises pour les fêtes de Noël, nous devons rester vigilants", a-t-il rappelé, avant d'affirmer que les diminutions dont il parle sont observées dans toutes les régions du pays, plus rapidement en Wallonie. La Hainaut reste la province la plus touchée.


La baisse des décès s'accélère, même si 149 décès sont encore à déplorer chaque jour en moyenne. La Belgique, la République Tchèque et la Bulgarie restent par contre en tête du classement européen des pays comptant le plus de morts quotidiennes dues au coronavirus. "Mais il reste encore de grandes disparités dans la manière de déclarer les chiffres de mortalité et surmortalité entre les différents pays", a expliqué Yves Van Laethem, car la France et la Slovénie par exemple ont enregistré ces derniers mois un taux de surmortalité plus important que chez nous. 

La prudence reste le maître mot 

Il a ensuite fait le point sur les maisons de repos, où le nombre de homes touchés par le coronavirus diminue. En Flandre, 37% des maisons de repos ont au moins un cas de Covid, 51% en Wallonie, et 47% à Bruxelles. "L'entièreté des chiffres que l'on vous annonce aujourd'hui vont dans une bonne direction, tant pour la population en général que pour la situation en maison de repos. Mais nous voulons retrouver la situation que nous avions au seuil de l'été, et nous espérons une grande prudence, quelles que soient les mesures qui vont être annoncées", a donc résumé Yves Van Laethem.


"Comme chacun le sait, le Comité de concertation va débuter à 13h, pour voir si les mesures en vigueur peuvent être adaptées", s'est alors exprimé Antoine Iseux, "Et si le Comité de concertation peut envisager un allègement de ces mesures, c'est le résultat de nos efforts communs. Car il y a de ça quelques semaines, la direction que prenait la courbe des hospitalisations était dramatique, mais grâce à notre engagement à tous, nous avons réussi à aplatir ces courbes et nous pouvons regarder en avant, avec espoir mais aussi avec prudence". Le collègue d'Yves Van Laethem a rappelé que chacun avait un rôle à jouer dans la lutte contre le coronavirus. Il a expliqué que la chancellerie du Premier ministre Alexander de Croo avait lancé une nouvelle phase de campagne de sensibilisation au respect des mesures sanitaires: "Elle est orientée sur le sentiment d'appartenance à une communauté et d'adhésion commune", a détaillé Antoine Iseux, "Ce spot publicitaire, tourné au Stade Roi Baudouin et qui rappelle le soutien populaire aux Diables Rouges lors de la Coupe du Monde, part du principe que la Belgique est une équipe, dont tout le monde fait partie. Elle rassemble des personnes ayant travaillé durant la crise du coronavirus, et qui nous représentent tous". Le message de cette campagne est simple: c'est ensemble, à 11 millions, que nous viendrons à bout de ce virus.


Questions-réponses

Les personnes vaccinées peuvent-elles transmettre le virus malgré tout et vont-elles devoir observer une quarantaine après avoir reçu la dose? 

Non, ces personnes ne seront pas en quarantaine, "pour la simple et bonne raison que ce n'est pas un virus vivant que l'on va injecter, mais une particule du virus incapable de nous infecter", a répondu Yves Van Laethem. Mais en ce qui concerne la transmission du virus, il s'est montré plus prudent: "Actuellement, nous sommes incapables de savoir si le fait d'avoir contracté le virus nous protège de la possibilité d'être porteur transitoire de celui-ci. A fortiori, nous n'avons pas d'informations sur l'impact du vaccin à ce niveau-là. Nous savons qu'il protège, bien sûr (...) mais de nombreux vaccins n'ont par exemple pas d'impact sur le portage d'un virus, ils ne stérilisent pas l'individu. Il est alors possible que des personnes vaccinées ne soient pas considérées comme non contaminatrices, si par exemple, elles ont été contacts à haut risque d'un malade". Les experts sont en attente d'informations plus précises sur ce point, qui devraient arriver dans les semaines à venir. 


Parmi les groupes prioritaires pour le vaccin, certains sont-ils susceptibles de ne pas pouvoir en bénéficier? Pourquoi et quelles alternatives se présentent à eux? 

On peut éliminer le problème de la quantité de vaccins, a rassuré l'expert, rappelant que les précommandes belges de vaccin permettront à toute la population d'en bénéficier. Yves Van Laethem a ensuite détaillé plusieurs groupes chez lesquels il y a peu de données quant à l'impact d'un vaccin. C'est notamment le cas des femmes enceintes, car "pour tous les nouveaux vaccins, on exclut toujours les femmes enceintes et les jeunes enfants des premiers tests". Mais des études vont commencer sur le sujet. Pour les immuno-déprimés, il faudra être très prudents également, car ils sont sujets à de nombreuses infections par exemple. "L'impact de la vaccination collective sera important pour ces personnes".