Le procès aura lieu dans l'ancienne cour d'assises qui se trouve dans le palais de justice de la rue de Nimy. La fillette avait été tuée d'un coup de feu lors d'une course-poursuite entre la police et un véhicule transportant des migrants, le 17 mai 2018, sur l'autoroute E42. Ce jour-là, une patrouille de la police fédérale de la route avait pris en chasse, sur l'autoroute E42, une camionnette suspectée de transporter des migrants qui voulaient rejoindre l'Angleterre. Malgré les injonctions de la police, le chauffeur a refusé de s'arrêter.

Un policier a ouvert le feu et le véhicule s'est arrêté à hauteur de Mons. A l'intérieur, une petite fille âgée de deux ans avait été touchée par une balle. Il s'agissait de Mawda, morte sur le coup.

Le policier, défendu par Me Laurent Kennes, est poursuivi pour homicide involontaire. Les parties civiles, qui avaient demandé une requalification en meurtre, n'avaient pas convaincu la chambre du conseil de renvoyer ce dossier devant les assises.

Deux personnes sont détenues dans cette affaire. Le chauffeur de la camionnette est défendu par Me Dimitri De Beco du barreau de Bruxelles et Me Thomas Gillis du barreau de Gand. Le convoyeur, considéré comme le passeur, est défendu par Me Frank Discepoli du barreau de Mons.

Le SPF Intérieur sera aussi représenté lors du procès où sera notamment posée la question de la formation des policiers dans le cadre des opérations Medusa lancées par le gouvernement fédéral de Charles Michel.

La famille de la petite fille kurde, qui tentait de rejoindre le Royaume-Uni après avoir fui son pays d'origine et la guerre, est soutenue par de nombreux collectifs qui militent contre les violences policières et le racisme.

La presse a indiqué, dernièrement, que de nombreuses personnalités s'étaient jointes à ce soutien. Parmi celles-ci, le réalisateur britannique multirécompensé Ken Loach qui a partagé une vidéo de soutien avec l'association belge #Justice4Mawda.

Le bassiste du groupe Pink Floyd, Roger Waters, a aussi publié un message dans une vidéo de plus de deux minutes adressée aux citoyens belges: "Faites du bruit. Ne les laissez pas balayer la mort d'un enfant sous le tapis. Ce n'est pas sa faute si elle est née dans un pays déchiré par la guerre. Mon coeur se brise pour elle et sa famille."

En Belgique aussi, plusieurs personnalités ont manifesté leur soutien.

En raison de l'épidémie de Covid-19, un nombre limité de personnes aura accès à la salle d'audience. Une salle de presse sera ouverte au Théâtre de Mons où le procès sera retransmis. 

Des espaces publicitaires détournés à la mémoire de Mawda ce dimanche

Environ un millier d'espaces publicitaires ont été détournés par 200 citoyens à Bruxelles, Liège, Namur, Louvain-la-Neuve, Ottignies, Charleroi, La Louvière, Verviers, Mons et Gand. Des affiches à la mémoire de Mawda Shawri y ont été apposées. "En Belgique, des hommes, des femmes et des enfants meurent parce qu'ils et elles traversent les frontières. Mawda, 2 ans, tuée par la police le 17 mai 2018 pour avoir pris la route de l'Angleterre", est-il écrit en blanc sur fond noir à côté du portrait de l'enfant.

Cette campagne d'affichage s'ajoute à d'autres actions de citoyens menées au cours de jours passés, alors que s'ouvre lundi à Mons le procès des trois hommes impliqués dans la mort de la petite Kurde. Elle avait été tuée d'un coup de feu lors d'une course-poursuite entre la police et un véhicule transportant des migrants sur l'autoroute E42. Le chauffeur de la camionnette, le passeur et le policier qui a tiré seront jugés devant le tribunal correctionnel de Mons.

"Cette action d'affichage est née d'une volonté de rappeler aux citoyen.ne.s belges les conséquences de la politique belge et européenne en matière migratoire", explique dans un communiqué de presse le comité de citoyens dimanche soir.