"Salope, on t'aura au tournant", "Connasse", "Personne incompréhensible",... Ces insultes proviennent de plusieurs témoignages des soignants de l'hôpital Epicura, à Hornu. Ces derniers évoquent avec une grande peine les agressions verbales qu'ils peuvent parfois subir sur les réseaux sociaux ou sur leur lieu de travail.

Un personnel qui est à bout de cette crise et qui doit faire face aux réactions déplacées de certaines personnes, surtout lorsque l'accès à l'hôpital ne leur est pas autorisé pour une visite."Encore hier j'ai vu sur une vidéo Facebook quelqu'un qui se filmait et qui était mécontent du fait qu'on ait interdit une visite trop longue à une personne mourante. Cette personne proférait réellement des menaces à l'encontre de cette institution en disant qu'un jour il allait nous retrouver. C'est inacceptable", déclare Alda Dalla Valle, infirmière en chef aux soins intensifs, au micro de la RTBF.

Pour le Docteur Samuel Esole Yuna, médecin urgentiste, il faut que ces personnes comprennent qui ils ont eux face à eux. "Nous sommes des êtres humains quand même. On aide les gens et on se fait insulter en retour. Ca fait mal."

De plus en plus régulièrement, le personnel hospitalier est désormais perçu comme responsable du confinement et complice d'un grand complot. "On pointe du doigt un secteur d'activités qui ne fait que subir des choses", regrette Bruno Brohez, directeur général des ressources humaines à l'hôpital Epicura. "On fait en sorte que les choses se passent bien pour nos patients et on nous pointe comme étant la cause de tous ces effets si désagréables et indésirables pour beaucoup."

Des agressions verbales qui se transforment parfois en agressions physiques, comme le relate la RTBF. "Certains défoncent des portes pour pénétrer malgré tout aux urgences", explique un urgentiste.

"Certaines personnes nient la crise qui perdure, nient le fait que les soins intensifs sont saturés, qu’on doive transférer des patients ailleurs. On nous dit : "Non, ce n’est pas possible, vous inventez"", regrette Alda Dalla Valle qui se souvient qu'il y a un an à peine, ces mêmes personnes étaient peut-être à leurs fenêtres pour applaudir chaleureusement le personnel soignant, héros de cette crise...