A partir de lundi prochain, les contacts physiques seront à nouveau autorisés entre les détenus et les visiteurs, mais cette décision inquiète les syndicats qui ont décidé de déposer un prévis de grève en front commun, annoncent-ils vendredi. L'administration pénitentiaire indique cependant que ces visites se feront "dans des conditions sûres" et souligne l'importance du bien-être psychosocial des détenus. En raison de la pandémie de coronavirus, les contacts physiques avaient été interdits dans les prisons. Le cabinet du ministre de la Justice Koen Geens a indiqué jeudi qu'ils seraient à nouveau possibles à partir de lundi, tant lors des visites à table que des visites intimes.

Les syndicats soulignent néanmoins que les derniers chiffres sur le nombre d'infections au Covid-19 ne sont toujours pas rassurants. Ils ne sont pas non plus satisfaits de l'assouplissement des visites et l'ont exprimé plus tôt cette semaine lors d'une rencontre avec le cabinet du ministre. "Depuis un certain temps, il ne faut plus porter de masque buccal lors de la visite, mais il y a encore des parois en plastique entre le visiteur et le détenu, et il ne peut y avoir de contact physique que si le visiteur est âgé de moins de 12 ans. Nous sommes préoccupés que l'on veuille désormais également enlever cette paroi et rendre possible le contact physique (y compris intime)", explique le syndicat socialiste flamand ACOD.

Le syndicat rappelle que la politique prudente des derniers mois a contribué à la limitation du nombre d'infections dans les prisons. Il ajoute également que la "bulle" du détenu ne se limite pas à ses compagnons de cellule, mais à une section d'environ 45 personnes. Un détenu entre même en contact avec une centaine de personnes lors de la promenade.

"Ce serait particulièrement regrettable si, après des mois de combat réussi contre le coronavirus, le nombre de personnes infectées dans les prisons commençait à augmenter en assouplissant les mesures trop rapidement. L'impact sur les détenus et les travailleurs dans les prisons peut être énorme, comme pour leurs proches."

En front commun, les syndicats ont donc décidé de déposer un préavis de grève. Des actions pourraient avoir lieu à partir du 21 septembre.

Dans une réaction, l'administration pénitentiaire souligne néanmoins que la situation n'est pas la même que lors des "premières phases" de la pandémie, avec un nombre moins important d'hospitalisations et de décès. L'épidémie est d'ailleurs sous contrôle dans les prisons, ajoute-t-elle. Actuellement, seuls 5 détenus sont positifs au Covid-19 dans toutes les prisons belges, tandis que 44 ont été contaminés depuis le 13 mars, soit à peine 0,5% du nombre total de détenus testés.

"Tout comme la société, l'administration pénitentiaire est également consciente de l'importance de la prévention pour éviter les infections, mais aussi du bien-être psychosocial des citoyens détenus. Nous avons remarqué que les enfants, les parents, les proches des détenus et les détenus eux-mêmes ont beaucoup souffert des mesures strictes pour les visites depuis le début de la pandémie."