Face à l'augmentation du nombre de cas ces derniers jours laissant craindre une deuxième vague de Covid-19 en Belgique, le Centre de crise, Sciensano et Yves Van Laethem ont repris à partir de ce lundi les points presse relatifs à l'évolution de l'épidémie. Ils auront lieu chaque semaine le lundi, le mercredi et le vendredi.


Certaines provinces plus touchées 

Pour commencer cette nouvelle série de conférences de presse, des chiffres ont été présentés. Yves Van Laethem a donc évoqué les chiffres de Sciensano : 154 infections journalières en moyenne, soit 66% d'augmentation par rapport aux semaines précédentes. Certains provinces sont également plus touchées que d’autres : la province d’Anvers, le Limbourg et la Flandre Occidentale.

Mais les autres indicateurs restent favorables : 145 lits occupés en moyenne, avec seulement 10 nouvelles hospitalisations par jour liées au covid. Mais Yves Van Laethem le rappelle : le nombre de cas augmente et c’est maintenant qu’il faut réagir à la situation. L'augmentation du nombre de cas est principalement liée à des clusters, se rapportant à des événements ou à des contaminations intrafamiliales.

Des situations "navrantes"

Le porte-parole interfédéral est également revenu sur des événements qu'il a considéré “navrants et regrettables” qui ont demandé l’intervention de la police ou des rassemblements de plus de 15 personnes, plus risqués. "C'est le terrain idéal pour la transmission du virus", a fustigé M. Van Laethem. 

Les symptômes du coronavirus ont à nouveau été répétés :

  • troubles du goût et de l’odorat,

  • maux de tête inhabituels,

  • avoir mal partout,

  • etc.

La première règle dans le cas de symptômes est de rester chez soi, et d’appeler son médecin traitant. C’est sur son avis qu’il faudra, s’il le faut, se faire tester. C’est au début de la symptomatologie que l’on est le plus contagieux, il est donc très important de porter la plus grande attention aux premiers signes. La pathologie touche actuellement essentiellement des personnes jeunes et actives, entre 20 et 50 ans. Rarement très malade, cette population peut tout de même transmettre le virus. Il faut donc être prudent.

"Ce n’est pas parce qu’on connaît quelqu’un que le virus qu’il porte est moins transmissible, a précisé le porte-parole interfédéral. Le virus est transmissible par la famille comme par quelqu’un que l’on voit pour la première fois. Continuons à limiter nos contacts."

Yves Van Laethem a également tenu à rappeler que si la situation n'est pas encore extrêmement grave, “on est au seuil du problème si l’on ne prend pas les mesures”. “C’est le moment ou jamais, c’est maintenant que l’on peut circonvenir cette vaguelette qui a émergé dans différents endroits du pays. Et pour le faire, on a besoin de votre aide" a-t-il ajouté ensuite.

Des formulaires à remplir, une nouvelle plateforme...: le tracing fait peau neuve

Karine Moykens, responsable du suivi des contacts, a tenu à définir le tracing car “une bonne définition est le début pour bien se comprendre”. Quelles sont les caractéristiques d’une bonne détection des contacts ? Tout d’abord, la rapidité. “Dès qu’une personne est infectée, les personnes qu’elle aurait pu infecter doivent être prévenues et invitées à prendre les mesures nécessaires (test, isolement)”. La détection des contacts est une méthode pour éviter les chaînes de contamination. Il est donc important que les personnes appelées participent et donnent des informations correctes. “Les informations obtenues ne peuvent pas et ne seront pas utilisées à des fins de contrôles, cela est interdit par la loi”, a-t-elle tenu à préciser. Le contact tracing permet aussi d'identifier des clusters de contaminations, qu'ils soient structurels (maisons de repos, entreprises, etc) ou plus accessoires (mariages, soirées, etc).

En ce qui concerne les voyageurs qui reviennent des zones à risques, il leur sera demandé de remplir un formulaire en ligne afin de s’engager à respecter les mesures de quarantaine. Ils recevront également un code afin de pouvoir se faire tester de manière instantanée. Cela ne concerne que les voyageurs qui reviennent en Belgique par bateau, train, bus ou voiture.


Karine Moykens a également annoncé deux nouveaux outils pour améliorer le tracing : vers la fin du mois d'août, une nouvelle plateforme technique sera lancée. Une application, complémentaire au tracing manuel sera également développée. Ce sera la même application pour tout le pays. Ces deux outils seront détaillés dans d'autres conférences de presse, après le 15 août.


Antoine Iseux, du Centre de crise National a tenu à rappeler qu’un comportement responsable était essentiel face aux chiffres de ces derniers jours. Il s’agit donc d’appliquer les règles d’or : se laver les mains, la distance de sécurité ainsi que le port du masque. Il faut également encore respecter la bulle de 15 personnes. Les activités qui ne peuvent pas se limiter à ces bulles doivent si possible s’organiser à l'extérieur et dans le plus grand respect des mesures de sécurité.