Benjamin Griveaux, l'ancien porte-parole du gouvernement français, a annoncé ce vendredi qu'il renonçait à se présenter à la mairie de Paris. En cause : la diffusion sur internet d'une vidéo à caractère sexuel le mettant en scène. Benjamin Griveaux est ainsi devenu la dernière victime en date du "revenge porn" ou "porno vengeur". Il s'agit de la diffusion publique, avec une intention méchante ou de vengeance, d'images ou de vidéos à caractère sexuel sans le consentement de la personne qui y apparaît.

Benjamin Griveaux n'est pas la première personnalité publique à faire les frais de cette pratique nauséabonde. Avant lui, Paris Hilton, Rihanna, Taylor Swift ou encore Blake Lively avaient vu leur anatomie être dévoilée sur le web.

A l'heure actuelle, on estime que 90% des victimes de revenge porn sont des femmes.

Et en Belgique?

Concrètement, selon l'article 371/1 du Code pénal, la diffusion d'un enregistrement visuel ou audio d'une personne dénudée ou se livrant à une activité sexuelle explicite, sans son accord ou à son insu (même si cette personne a consenti à sa réalisation) est puni de six mois à cinq ans de prison. Si ces faits ont été commis sur une personne de plus de seize ans, le coupable subira une réclusion de cinq ans à dix ans. Si la victime a moins de seize ans, le coupable risquera de dix ans à quinze ans de réclusion.

Mais, dernièrement, la Chambre a souhaité renforcer la lutte contre le "revenge porn". Le 4 février dernier, la commission de la Justice a discuté de la proposition de loi de la députée Vanessa Matz (CDH) visant à adapter le Code pénal. Techniquement, le texte proposé souhaite adapter l’article réprimant le voyeurisme en prévoyant une circonstance aggravante en cas de revenge porn. Si cette circonstance aggravante est reconnue, le coupable devra payer en plus une amende allant de 500 à 1000€. Le dispositif prévoit également une procédure de retrait ou de masquage des images par un référé en extrême urgence devant le président du tribunal de première instance. L’auteur des images, le diffuseur des images ou l’opérateur télécom aurait un délai de six heures pour obtempérer. Une autre procédure passerait par le procureur du Roi.

La commission de la Justice de la Chambre doit voter le texte la semaine prochaine.