"Le but est que nous ayons suffisamment de doses pour vacciner aussi les Bruxellois", indique la porte-parole de la Cocom, l’organe chargé de la campagne de vaccination à Bruxelles. Confirmant une information publiée mercredi dans Le Soir, elle reconnaît que près de 130 000 doses de vaccin attribuées à la Région bruxelloise ont été administrées à des non-Bruxellois.

Un élément qui explique, en partie du moins, pourquoi il y a proportionnellement moins de Bruxellois déjà vaccinés que dans les autres régions. Dans les statistiques, les taux de vaccination sont calculés selon le lieu de résidence des patients et non selon le lieu d’administration du vaccin. "Si on tenait compte des non-résidents, les taux de vaccination à Bruxelles se rapprocheraient de ceux de Wallonie et de Flandre, explique la porte-parole. Nous sommes solidaires avec les autres Régions, mais il faudrait alors des doses supplémentaires pour les Bruxellois", complète-t-elle. Le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron (Écolo), a plusieurs fois réclamé ces doses "perdues" pour Bruxelles, sans grand succès jusqu’ici.

Une récupération progressive

Le sujet se discute toujours en Conférence interministérielle (CIM), qui rassemble les différents ministres de la Santé du pays. "Cette récupération, si elle a lieu, ne pourra de toute façon pas se faire en un coup", tempère de son côté Christopher Barzal, responsable de la communication de la task force vaccination. "Cela entraînerait un déséquilibre : la Wallonie et la Flandre ne pourraient assurer une dose à tous les citoyens invités à se faire vacciner, et Bruxelles aurait trop de doses par rapport aux inscrits du jour", explique-t-il.

Christopher Barzal rappelle que l’enjeu premier de la vaccination est de limiter le temps entre la livraison et l’injection. "Ce n’est pas une question de lieu de résidence, mais d’effort collectif pour atteindre l’immunité", conclut la porte-parole de la Cocom. La CIM se réunit ce 5 juin pour aborder, entre autres, ce dossier.