Les avocats demandent l’acquittement de leur client, en se fondant sur le rapport d’un professeur en électromécanique.

Maître Antoine Chomé et Me Dimitri de Béco ont, mardi après-midi, devant le tribunal de police de Bruxelles, plaidé l’acquittement de leur client, le conducteur du train L qui a embouti un autre convoi, à Buizingen, en février 2010.

Se basant sur une expertise récemment réalisée par un professeur en électromécanique de l’ULB, Me Chomé a soutenu que la thèse du problème technique est hautement probable, ce qui rendrait crédible la version de son client selon laquelle il a franchi un feu vert.

Un incident antérieur "révélateur"

Pour ce professeur, qui a collaboré à l’installation des premières balises TBL1 +, l’actuel système de freinage automatique des trains, un dysfonctionnement du feu de signalisation, affichant vert au lieu de rouge, a pu se produire. Le scientifique en est arrivé à cette conclusion après avoir analysé un incident identique à celui de Buizingen, survenu un mois après au même endroit. Un train avait été contraint d’opérer un freinage d’urgence, après que le feu était passé du vert au rouge.

"On apprend qu’il n’y a pas de retour d’information sur le signal qui a été affiché. On constate aussi que le système EBP ( poste de commande électronique ) indique, dans ce cas, que le train est toujours sur la voie entre les deux feux. Or, ce n’était pas le cas, il s’est arrêté sur un tronçon de voie juste après le deuxième feu de signalisation HE1. On voit donc que le système EBP, sur lequel se basent largement les premiers experts, n’est pas infaillible", a argumenté l’avocat.

Plus tôt dans la journée, les avocats d’Infrabel, Mes Laurent Kennes et Fanny Vansiliette, avaient soutenu que la SNCB avait commis plusieurs fautes ayant conduit à l’accident. La première faute est le franchissement du feu rouge par le conducteur du train. "Une faute d’inattention, sans doute par habitude, a été commise", a expliqué Me Laurent Kennes.

Celui-ci a contesté les dires de la SNCB selon lesquels un agent d’Infrabel était entré dans la cabine de signalisation juste après l’accident, suspectant un sabotage. "Si on accuse quelqu’un, on est précis", a tonné l’avocat.

Me Fanny Vansiliette a évoqué d’autres fautes qu’Infrabel impute à la SNCB, comme les défauts d’équipement des automotrices. "Elles n’étaient pas équipées du système Memor alors que la législation de 2008 stipule que le Memor, c’est désormais le minimum. Mais une période de dérogation a été accordée jusqu’en 2013. Ce n’est pas à Infrabel à autoriser ou non la mise en service de certains véhicules sur son réseau", a avancé l’avocate.

"La SNCB est aussi responsable du choix de l’automotrice ce jour-là. C’est un répartiteur de tractions de la SNCB qui était en charge du couplage des trains", a encore soutenu Me Vansiliette.

Pour rappel, l’accident du 15 février 2010 a fait 19 morts, une trentaine de blessés graves et une centaine de blessés légers.