A la suite du Comité de concertation de ce 14 avril et des légers assouplissements annoncés par les autorités, plusieurs experts ont tiré la sonnette d'alarme. Marc Van Ranst et Erika Vlieghe ont notamment fait part de leurs craintes concernant l'élargissement de la bulle des contacts rapprochés et la reprise des voyages non-essentiels dans les jours à venir, qui pourraient, selon eux, favoriser une nouvelle flambée des contaminations au Covid-19.

Le biostatisticien Geert Molenberghs a également tenu des propos particulièrement inquiétants concernant la saturation des hôpitaux et des soins intensifs, qui pourrait empêcher la tenue de certaines interventions non-liées au coronavirus. " Personne ne pourra vous aider si vous avez un accident après avoir bu", a déclaré l'expert de l'UHasselt dans les colonnes du Nieuwsblad mercredi.

Selon l'expert en communication Marc Fauconnier, qui a fait part de son analyse auprès de HLN, ces récentes déclarations alarmistes sont toutes des exemples de "communication démotivante".

"Créer la peur nous met en colère"

"Je trouve la citation de Molenberghs scandaleuse", avance l'expert. "Ça me dérange que des scientifiques intelligents continuent à nous effrayer. Car créer la peur nous met en colère. Et les études le montrent : la colère est la moins productive de toutes les émotions.

Selon Marc Fauconnier, la communication anxiogène de certains experts n'est donc pas la bonne solution pour motiver les citoyens à respecter les mesures. "Après une année de pandémie, les gens en ont marre, le ressort est cassé. Il existe une limite de motivation jusqu'à laquelle vous pouvez pousser les gens", explique l'expert.

Marc Fauconnier estime toutefois que, contrairement à celle des experts, la communication du gouvernement est meilleure. "J'ai le sentiment que les autorités ont trouvé un équilibre entre la pression intenable de l'opinion publique et les avis des experts qui prêchent la morosité. C'est le travail des politiciens de trouver un chemin parmi toutes ces voix fortes. Ils peuvent être réélus dans quelques années, pas les virologues", a-t-il conclu.