Les observateurs qui imaginaient que les carnavaliers alostois allaient faire profil bas après la polémique de l'an dernier en sont pour leurs frais. Au contraire, les "Lossendeirdeveirdeirdeir" ont choisi de dénoncer la "susceptibilité" de ceux qui avaient critiqué le char controversé.

"Nous sommes les juges de l'humour. Juifs, prêtres, musulmans... A Alost, nous nous moquons de tout et de tout le monde. C'est inscrit dans le Code alostois de l'humour", ont justifié les carnavaliers.

Outre les chars, les participants massés le long de la route ont eux aussi décidé de rire de la polémique ou d'en rajouter... Nombre d'entre eux arborent des stéréotypes de la religion juive.

Le cortège s'est élancé à 14h00, une heure plus tard que prévu, en raison des risques de tempête. Des mesures de sécurité ont été mises en place par les pompiers, ce qui a perturbé le rassemblement. La hauteur de ces derniers a été limitée à quatre mètres, et les fêtards ne peuvent se tenir sur ceux de plus de deux mètres de haut.

Le retour des poupées polémiques

La société "De Zwiejtollekes" a ressorti dimanche les poupées représentant des juifs qui avaient suscité la controverse l'an dernier au carnaval d'Alost. Celles-ci sont cette fois associées à des caricatures visant d'autres religions au sein d'une sorte de stand de tir. "Rire de tout et de tout le monde est propre au carnaval. Jamais pour blesser mais pour le plaisir", justifient les Zwiejtollekes. "Nous montrons que nous pouvons nous en prendre à tout le monde et qu'on ne se laisse pas faire. Les cibles sur nos costumes sont une manière de nous mettre nous-mêmes dans le viseur."

La décision de l'Unesco de retirer l'évènement de sa liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité ne semble pas avoir refroidi les ardeurs des Alostois, bien au contraire. Des carnavaliers défilent ainsi en uniformes nazis avec la mention "Unestapo" dans leur dos et de nombreux chars font référence aux juifs, qui sont entre autres caricaturés en insectes.

La famille royale avec Delphine Boël, Greta Thunberg, les musulmans, les catholiques, la communauté LGBT, le coronavirus chinois ou encore le retour de Kim Clijsters à la compétition ont également inspiré les carnavaliers.